À quel saint se vouer, mon Dieu!!!


L’histoire de la Papauté contemporaine est aussi « mystérieuse » et « politique » qu’à l’époque des Borgia. Mais j’adore faire des articles où c’est vous qui êtes obligés de trancher. :-)

Pape Pie XII et la suite.

Eugenio Maria Giuseppe Giovanni Pacelli (Rome, 2 mars 1876 – Castel Gandolfo, 9 octobre 1958), élu pape le 2 mars 1939 sous le nom de Pie XII

Avant le règne de Pie XII

11 février 1915 : Vladimir Ledóchowski, jésuite de 49 ans, est élu 26e Supérieur général de la Compagnie de Jésus. Il sera très proche du Pape Pie XI et, plus tard, du Pape Pie XII. Durant son généralat, les Jésuites augmentent énormément leur pouvoir. Ce supérieur des Jésuites est un patriote polonais anti communiste très impliqué.

Il fut le principal responsable des mesures disciplinaires prises à l’encontre de Tailhard de Chardin qu’il  enjoint de renier son ouvrage théologique controversé sur le péché originel.

6 février 1922 : Décès de Benoit XV. Au quatorzième tour, le conclave élit Pie XI (Cardinal Ratti). Il garde avec lui son secrétaire le cardinal Mgr Carlo Confalonieri.

1929 : Accords de Latran qui crée l’État du Vatican sous le règne de Pie XI.

Les accords comprennent trois conventions distinctes :

  • un traité politique qui règle la « question romaine » ;
  • une convention financière qui dédommage le Saint-Siège ; Mussolini propose cette même somme augmentée de ses intérêts, portant le montant total à 4 milliards de lires. Cette somme n’est pas versée directement au Vatican. Le Saint-Siège reçoit en fait 750 millions de lires en argent comptant et des titres à 5 % d’une valeur nominale d’un milliard de lires, confiés par Pie XI à l’Administration spéciale des biens du Saint-Siège.
  • un concordat qui statue sur la position de l’Église en Italie. Les juridictions ecclésiastiques sont reconnues en matière spirituelle et disciplinaire, un prêtre apostat pouvant ainsi se voir refuser un emploi public.

1933 : Le parti Nazi arrive au pouvoir et un accord (le concorda du 20 juillet 1933) est rapidement signé entre le Saint-Siège, représenté par le futur Pie XII (Cardinal Pacelli), qui est secrétaire d’État et le Reich Allemand représenté par le vice-chancelier Franz Von Papen. Cet accord fut revalidé en 1957 et est toujours en vigueur. Par contre l’accord n’est pas respecté par les nazis.

10 mars 1937 : Pie XI publie l’encyclique Mit brennender Sorge (Avec une brulante quiétude) qui condamne le national-nazisme de Hitler. Cet encyclique fut le travail d’un groupe de cardinaux et d’évêques parrainés par le cardinal Eugenio Pacelli (futur Pie XII) alors secrétaire d’état.

19 mars 1937 : Préparé par Vladimir Ledóchowski, supérieur des Jésuites,  Pie XI publie l’encyclique Divini Redemptoris affirmant que le communisme athée est « intrinsèquement pervers » et qu’aucun Chrétien ne doit collaborer avec eux. Pie XII expliquera au Américains qu’il fallait distinguer entre « régime soviétique » et le « peuple russe » pour les justifier de collaborer pour battre les nazis.

Mai 1938 : Hitler visite Rome mais le Pape Pie XI et Eugenio Pacelli (futur Pie XII), s’absentent avant l’arrivée du Fuhrer pour ne pas le rencontrer. La même année, Il ordonne aux universités catholiques d’organiser un enseignement contre l’antisémitisme et le racisme. Il demande également au supérieur des Jésuites, Vladimir Ledóchowski, de lui préparer une autre encyclique (Humani generis unitas) contre le nazisme ainsi qu’un discours dénonçant les écoutes et les déformations des propos de l’église par les fascistes.

10 février 1939 : Pie XI décède. Il avait 82 ans. Le soir de son décès son encyclique était probablement sur son bureau.

Cette encyclique ne sera jamais publicisée. Était-ce parce qu’il prenait position contre les nazis de Hitler et les fascistes de Mussolini?

« En janvier 1972, le cardinal Eugène Tisserant, que Pie XI avait fait cardinal en 1936, affirma à la presse française que le Saint-Père aurait été assassiné à l’instigation de Mussolini. Le professeur Francesco Petacci, médecin du Vatican, qui était aussi le père de Clara Petacci, la maîtresse du Duce, lui aurait fait une injection mortelle débarrassant le régime d’un souverain pontife encombrant. »

Certain ont reproché à Pie XII de faire disparaître ce discours avant même d’être élu Pape. Après son élection, le Pape Pie XII prendra une position beaucoup plus « prudente » que celle de Pie XI. Une chose est certaine; c’est qu’Eugenio Pacelli, secrétaire d’État du Vatican et futur Pie XII, était très proche du supérieur des Jésuites Ledochowski. Ce dernier considérait le communisme beaucoup plus dangereux que le nazisme et ne voulait pas couper les ponts trop radicalement avec Hitler. D’autant plus que ce supérieur des Jésuites, quand il choisira un relecteur pour le texte  Humani generis unitas, ce sera Enrico Rosa auteur le plus violemment antisémite.

Des sources secondaires — comme le Cardinal Tisserant doyen du collège des cardinaux — rapportent que Humani Generis Unitas était littéralement sur le bureau de Pie XI quand il mourut d’une attaque cardiaque le 10 février 1939.

2 mars 1939 : Le cardinal Eugenio Pacelli est élu Pape et prend le nom de Pie XII.

Le règne de Pie XII

Depuis 1914, Eugenio Pacelli est l’un des diplomates du Saint Siège. Le 20 avril 1917 le Pape Benoit XV le nomme nonce apostolique, c’est-à-dire ambassadeur du Vatican. Lors de ses vacances d’été à Rorschach, au lac de Constance, il prend à son service l’allemande sœur Pasqualina, âgée de 23 ans, qui reste sa gouvernante jusqu’à la fin de sa vie.

Sa nomination, en 1930, comme successeur du cardinal Gasparri au poste de cardinal secrétaire d’État, crée la « stupeur » dans la curie, où elle apparaît comme la promotion d’un homme nouveau au service exclusif du pape et « une figure au dessus des partis. Il devient le principal collaborateur de Pie XI qu’il voit au moins deux fois par semaine.

2 mars 1939 Eugenio Pacelli, 63 ans, est élu Pape et choisit le nom de Pie XII. En passant devant sa gouvernante sœur Pasqualina, il lui dit « Regardez ce qu’ils m’ont fait ! » Je n’ai pas pu trouver ce qu’elle lui a répondu.

Pie XII et les nazis :

Radio Vatican déclare en date du 26 juin 1943 que « Quiconque établit une distinction entre les Juifs et les autres hommes est un infidèle et se trouve en contradiction avec les commandements de Dieu. La paix dans le monde, l’ordre et la justice seront toujours compromis tant que les hommes pratiqueront des discriminations entre les membres de la famille humaine. »

Le New York Times cite et acte ce message dans son tirage du jour suivant.

Pie XII n’avait pas attendu ce jour-là pour agir en faveur des Juifs. Il organisait, avec l’aide du clergé de Rome et d’ailleurs, des réseaux pour faire échapper les Juifs aux griffes des Nazis. Par diverses filières, ils pouvaient ensuite gagner des pays neutres ou faisant partie de la conférence des Alliés.

Peu après la guerre, Albert Einstein, savant de renommée mondiale, mêle sa voix au concert de louanges et d’hommages qui montent vers le Vatican en déclarant que « l’Église catholique a été la seule à élever la voix contre l’assaut mené par Hitler contre la liberté ».

Le 9 octobre 1958, Pie XII décède et les messages de condoléances affluent vers le Vatican. On y relève celui de Golda Meïr, ministre des affaires étrangères d’Israël, qui souligne en cette occasion que « pendant la décennie de terreur nazie, quand notre peuple a subi un martyre terrible, la voix du pape s’est élevée pour condamner les persécuteurs et pour invoquer la pitié envers leurs victimes ».

Tiré de Humanis generis de Pie XII :

Car Dieu a donné à son Eglise, en même temps que les sources sacrées, un magistère vivant pour éclairer et pour dégager ce qui n’est contenu qu’obscurément et comme implicitement dans le dépôt de la foi. Et ce dépôt, ce n’est ni à chaque fidèle, ni même aux théologiens que le Christ l’a confié pour en assurer l’interprétation authentique, mais au seul magistère de l’Eglise(On jurerait Jean Charest).

Cette encyclique est surtout dédiée à défendre les dogmes de l’Église face à la recherche objective. Elle ne s’applique que très peu à la recherche rationnelle. Par contre, certainement sans le vouloir, l’encyclique défend quand même la recherche rationnelle :

Tout ce que l’esprit humain, adonne à la recherche sincère, peut découvrir de vrai ne peut absolument pas s’opposer à une vérité déjà acquise; Dieu, Souveraine Vérité a créé l’intelligence humaine et la dirige, il faut le dire, non point pour qu’elle puisse opposer chaque jour des nouveautés à ce qui est solidement acquis, mais pour que, ayant rejeté les erreurs qui se seraient insinuées en elle, elle élève progressivement le vrai sur le vrai selon l’ordre et la complexion même que nous discernons dans la nature des choses d’où nous tirons la vérité.

Au sujet de l’ancien testament :

Et en particulier, il Nous faut déplorer une manière vraiment trop libre d’interpréter les livres historiques de l’Ancien Testament, dont les tenants invoquent à tort, pour se justifier, la lettre récente de la Commission Pontificale biblique à l’Archevêque de Paris (13), Cette lettre, en effet, avertit clairement que les onze premiers chapitres de la Genèse, quoiqu’ils ne répondent pas exactement aux règles de la composition historique, telles que les ont suivies les grands historiens grecs et latins et que les suivent les savants d’aujourd’hui, appartient néanmoins au genre historique en un sens vrai, que des exégètes devront étudier encore et déterminer: cette Lettre dit encore que les mêmes chapitres, dans le style simple et figuré, bien approprié à l’état des esprits d’un peuple peu cultivé, rapportent les vérités essentielles sur lesquelles repose la poursuite de notre salut éternel, ainsi qu’une description populaire de l’origine du genre humain et du peuple élu. Si par ailleurs, les anciens hagiographes ont puisé quelque chose dans les narrations populaires (ce qu’on peut assurément concéder), on ne doit jamais oublier qu’ils l’ont fait sous l’inspiration divine qui les a préservés de toute erreur dans le choix et l’appréciation de ces documents.

À contrario au sujet de Pie XII :

En 1999, Jean-Paul II crée une commission internationale de six historiens juifs et catholiques. Il affirme : « L’Église ne craint certainement pas la vérité qui émerge de l’Histoire. » Mais la partie juive se retire en 2001, faute d’avoir obtenu l’ouverture totale des archives. Depuis, la bibliographie sur le sujet n’a cessé de s’étendre, plus marquée par la passion que par la rigueur historique, des auteurs juifs soutenant Pie XII aussi bien que des catholiques stigmatisant ses silences.

Benoit XVI a décidé de béatifier Pie XII et a signé le décret en décembre 2009. Mais il y a des objections. L’attitude de Pie XII (1939-1958) est fortement controversée par de nombreux historiens. Il est accusé d’avoir gardé le silence pendant la Shoah, alors que plus d’un millier de juifs de Rome étaient déportés, raflés dans le ghetto situé à quelques encablures du Vatican, de l’autre côté du Tibre.

On a donc ouvert quelques dossiers secrets du Vatican pour clarifier la situation.

 “La recherche sur la période Pie XII a généré plus de deux millions de documents et d’informations sur les prisonniers de guerre”, a affirmé le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone ».

Mais la réalité est qu’il n’y a que très peu de documents relatifs à la période de Pie XII.

«  On y découvre  une lettre, envoyée en 1942, où les détenus remercient le pape pour la fourniture de vêtements et son “intérêt pour (leur) bien-être physique, spirituel et moral”.

La publication de l’intégralité des archives sur cette période, réclamées avec force notamment par la communauté juive de Rome, est prévue pour “dans un an ou deux”, a promis le chef des archives vaticanes, Sergio Pagano, ajoutant toutefois : “La décision finale appartient au pape.” (Publié le 29/02/2012 )

Voir :

http://www.pie12.com/index.php?post/2011/11/09/Pie-XII-se-serait-deguise-en-franciscain-pour-sauver-secretement-des-Juifs

Résultats des recherches selon Benoit XVI :

« Et voilà qu’une autre catégorie de gens plus malins que les autres affirme aujourd’hui qu’il a certes sauvé beaucoup de personnes, mais qu’il avait sur les juifs des conceptions démodées et qu’il n’était pas à la hauteur de Vatican II. Mais là n’est pas la question. Ce qui compte, c’est qu’il a fait et tenté de faire ; et sur ce point, je crois qu’il faut réellement reconnaître qu’il a été un des grands Justes et qu’il a sauvé plus de juifs que quiconque. »

« Là n’est pas la question »… mais, cette remarque confirme qu’il avait tout de même une conception démodée sur les juifs. Cela signifie quoi exactement??? D’ailleurs « beaucoup de personnes » ne signifie pas « beaucoup de juifs ». Benoit XVI n’est pas fortiche pour effacer des « calomnies ».

Finalement, le 29 juillet 2011 on nous promet des révélations sur Pie XII, d’après les archives secrètes de Vatican, d’ici deux ou trois ans. Je trouve que c’est plutôt long (on y travaille depuis déjà 4 ans) et je pense qu’il doit y avoir une raison importante de ne pas ouvrir tous les dossiers et qu’on doive, finalement, trouver seuls, ceux qui ne touchent pas le sujet délicat qu’on veut garder secret. Cependant, je ne pense pas que cette partie secrète se rattache au juif ou nazis sauf pour la partie des « coûts financiers » de l’aide apportée à chacun. Le gros problème pourrait fort bien être les « finances » du Vatican.

« Mais avant tout, a ajouté Mgr Pagano, j’espère et je crois qu’elle apportera une lumière plus complète sur le pontificat d’un homme qui a vécu beaucoup de tribulations, et a fait énormément pour défendre qui souffrait pendant et après la guerre ».

« Pendant » seraient les juifs et « après » seraient les nazis???

Le cardinal Raffaele Farina, archiviste bibliothécaire, a pour sa part précisé : « Nous sommes en train d’organiser les documents, en vue de la consultation, et donc, nos collaborateurs en respirent le “parfum” mais ils ne mangent pas le “plat”, parce que les documents sont secrets pour tous et donc aussi pour eux ». Ce qui n’est pas pour aider à leur travail, on le conçoit facilement.

« La volonté vaticane de sauver les juifs est un fait », déclare l’ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège, M. Mordechai Levy. « Ce serait une erreur de penser que l’aide apportée aux juifs pendant la guerre à Rome est venue des couvents et des instituts religieux comme si c’était de leur initiative, sans le soutien du Vatican », a déclaré le 23 juin à Rome M. Levy. Il a ajouté : « Le Saint-Siège a agi. Il n’a pas pu empêcher le départ du train pour Auschwitz le 18 octobre 1943, trois jours après la rafle du ghetto. Certes, les juifs de Rome s’attendaient à la protection du pape à ce moment-là. Mais c’est un fait que ce 18 octobre, c’est le seul convoi qui soit parti pour Auschwitz ».

Actuellement, la majorité du monde considère un Pape comme un « saint » en contact avec Dieu; ils oublient tous qu’il est beaucoup plus un chef d’État en contact avec les évènements politique de son époque et qu’il doit « jouer sa pièce sur l’échiquier politique.

Pie XII et la Shoah (Michel Viot + trois auteurs)

Le 7 novembre 2010, Michel Viot, président de l’association Écouter avec l’Église, organisa une rencontre autour de Pie XII, que nous avions annoncée sur le blog. Il faut remercier les éditions Téqui de publier les contributions des participants.

Le livre s’ouvre avec une présentation synthétique et claire de Mgr Le Tourneau, suivie par une introduction de Michel Viot. Celui-ci rappelle combien son père, socialiste et franc-maçon, aimait Pie XII et détestait François Mauriac qui relayait les attaques venues d’URSS contre le pape, confirmant au passage le rôle des catholiques dans le procès intenté au pape.

Trois auteurs participent à la réflexion : l’historien Philippe Chesnaux, le président de l’association juive Pave the way Gary Krupp et l’avocat chasseur de nazis Serge Klarsfeld.

Dans son texte, Mgr Le Tourneau relève le caractère irrationnel de la polémique Pie XII. Certes, il est stupéfiant de voir comment on est passé de la louange à l’accusation ad hitlerum, du sauveur des juifs persécutés au complice antisémite. Pourtant, on peut avancer quelques explications : l’habileté des services de désinformation de l’URSS et de ses relais en Occident, l’hostilité du monde anglo-saxon et protestant à l’encontre de la papauté et du catholicisme, mais aussi la volonté actuelle de groupes de pensée et de médias d’attaquer l’Église catholique et ses chefs à travers de violentes campagnes de presse pour la salir d’une tâche dont elle ne pourrait se laver.

Le livre contient en outre une série de témoignages de juifs, contemporains de Pie XII ou historiens, qui rappellent la ferveur que ce pape suscita et continuer à susciter dans le monde juif, ainsi qu’une chronologie et une bibliographie précises. Tout pour faire de ce livre un très utile outil.

Au milieu des documents retrouvés dans les archives américaines, figure la correspondance entre le représentant britannique près du Saint-Siège, sir D’Arcy Osborne, et Myron Taylor, représentant du président américain Franklin D. Roosevelt près du Saint-Siège.

Dans le texte, portant la signature de Franklin C. Gowen, l’assistant de Myron Taylor, et daté du 7 novembre 1944, à 12h45, il est expliqué que D’Arcy Osborne « appela et dit qu’il avait peur que le Saint-Père lance un appel radio pour les juifs de Hongrie et se mette à critiquer ce que les russes faisaient dans les territoires occupés ».

« Sir D’Arcy dit qu’il fallait faire quelque chose pour s’imposer au pape et faire en sorte qu’il ne s’exprime pas, car cela aurait eu des répercussions politiques très graves », ajoute le diplomate américain.

Dans une lettre d’Arcy Osborne du 20 avril 1944 à Harold Tittman, l’assistant de Myron Taylor, le représentant britannique près le Saint-Siège demande de détruire les documents envoyés pour aider les organisations américaines juives, car ceux-ci auraient pu mettre en danger la vie de ceux qui les avaient remis, et il mentionne concrètement le nom d’un prêtre appelé « Benoît ».

Le 15 janvier 1943, la JTA informait de la réponse du cardinal Pierre-Marie Gerlier, archevêque de Lyon, aux autorités nazies qui avaient proposé de laisser en paix l’Eglise catholique si celle-ci ne disait rien sur le traitement réservé aux juifs. Le cardinal avait répondu au commandant nazi : « Vous ne savez pas que le Saint-Père (Pie XII) a condamné les lois antisémites et toutes les mesures anti-juives ».

La revue juive « Advocate » du 5 février 1943 publia ce titre: « le cardinal hongrois attaque les théories raciales », en référence au dur discours prononcé par le cardinal Jusztinián Györg Serédi, O.S.B., archevêque d’Esztergom-Budapest.

La déclaration répercutée sur les ondes de Radio Vatican, condamnait avec force les théories raciales nazies et demandait que la Hongrie protège « tous ceux qui étaient menacés pour leurs convictions ou leur race ». Sur la même page on peut lire un bref article où il est dit que Mussolini rendait les lois raciales moins dures pour pouvoir reprendre des relations avec le Vatican.

Noël 1942, le New York Times commente : « La voix de Pie XII est bien seule dans le silence et l’obscurité qui enveloppe l’Europe ce Noël… Il est à peu près le seul dirigeant restant sur le Continent européen qui ose tout simplement élever la voix. »

Je pense que des revues publiées de l’époque sont de très bonnes preuves à être appliquées à Pie XII.

Parmi les preuves que Gary Krupp a pu avancer, figure une circulaire datée du 30 novembre 1938, signée du cardinal Pacelli, adressée aux nonciatures, aux délégations apostoliques et à 61 évêques. Cette circulaire demandait de « trouver 200 000 visas pour permettre à des « catholiques non-aryens » (formule codée pour désigner les juifs…) de sortir du territoire du Reich »

On peut y lire la précision suivante : « que l’on veille à ce que des sanctuaires soient mis à disposition pour sauvegarder leur vie spirituelle et protéger leur culte, leurs coutumes et leurs traditions religieuses ».

Peu de temps après, dans une lettre datée de janvier 1939, Pie XII confirmait le contenu de sa circulaire en ces termes : « N’entreprenez pas seulement de sauver les juifs mais aussi les synagogues, les centres culturels et tout ce qui appartient à leur foi : les rouleaux de la Torah, les bibliothèques, etc… »

Par contre, on y apporte l’objection suivante : « La circulaire de novembre 1938, comme la lettre de janvier 1939, c’est le pontificat de Pie XI, avec 11, comme dans onze. Créditer le pape Pie XII de décisions faites par son prédécesseur, quand bien même il les a exécutées en tant que secrétaire d’Etat, n’est pas juste historiquement. » Ce qui est très valable; surtout que le Pape Pie XI est mort (soupçonné assassiné) en mars 1939, c’est-à-dire deux mois après la lettre de janvier. Il est incontestable que le cardinal Eugenio Capelli soutint la position du Pape Pie XI durant son règne; mais il est également certain que Pie XII fut beaucoup plus « délicat » pour le faire officiellement. Il faut se rappeler que la guerre fut déclarée en septembre 1939.

Maintenant : “From the horse’s mouth” :

Le « Jewish Chronicle » de Londres du 9 septembre 1942 informait que Joseph Goebbels, ministre de la Propagande de l’Allemagne nazie, avait imprimé dix millions d’opuscules en plusieurs langues, qui furent distribués en Europe et en Amérique Latine, condamnant Pie XII pour sa position en faveur des juifs.

Si Goebbels condamne le Pape Pie XII, ce n’est sûrement pas qu’ils sont copain-copain, j’imagine. Par contre, le pontificat ne demande-t-il pas d’aider les opprimés? Les nazis, après la guerre, étaient des opprimés tout autant que l’avaient été les juifs avant et pendant la guerre.

(À suivre)

André Lefebvre

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Québec Solidaire cherche des candidats

 

 

Québec Solidaire cherche des candidats…

Je vous encourage à saisir l’occasion. Défendre une cause sans espoir est une expérience passionnante de fraternité et de pensée positive. Si vous êtes jeune, ça vous prépare à la vie, si vous êtes vieux ça vous en console. Voyez en lien ici la description de ce genre d’aventures que j’ai pu me permettre deux (2) fois et qui ne coûte pas plus cher qu’un mois de vacances en Floride ou en Europe.

http://nouvellesociete.wordpress.com/une-campagne-en-mauricie/

Pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui ? Parce que j’ai vu sur un blogue de Cyberpresse un de ces commentaires qui ont l’air de sortir de nulle part… Ce sont les seuls qui sont intéressants.

Les seuls commentaires intéressants qui y restent, depuis que Gesca a compris que les blogues étaient un échantillon représentatif – non pas des lecteurs, mais des éléments proactifs de son lectorat – et que prévaut donc une censure sélective.

Une censure sélective, sans faire de vagues, mais qui devrait d’ici un an ou deux contribuer à ramener l’internet à la bien-pensance et à l’y ancrer solidement. L’évolution est perceptible, facilement vérifiable et j’en ferai peut-être un jour un bouquin… Aujourd’hui, ce serait prématuré.

Aujourd’hui, j’en suis à identifier les signes prémonitoires, les messages liminaux Voyez celui-ci qui est fascinant. Vendredi 11 mai, en pleine crise étudiante, voici ce que nous dit Ligulaire : « Le mouvement étudiant tient le même discours que Québec Solidaire. Quel pourcentage du vote croyez-vous que QS va obtenir aux prochaines élections? »

Je ne vous dirai pas pourquoi Gesca publie ce commentaire, pourquoi on le fait de cette façon, ce qu’on en attend… et les suites qu’on lui donnera. Ce serait vous encourager à la paresse et puis je pourrais me tromper… Je vous invite donc simplement à y réfléchir, en vous souvenant de FD Roosevelt, qui disait que le hasard n’existe pas en politique et que rien n’y arrive que quelqu’un n’ait préparé…

Donc, pensez-y. Revenant à nos moutons, je vais cependant vous dire ce qui sera l’impact immédiat du message, mais avant, voici la réponse que j’ai envoyée à Ligulaire et qui sera ou ne sera pas publiée

« Quel pourcentage du vote croyez-vous que QS va obtenir aux prochaines élections ? Environ 5% et on dira que c’est un succès. Faites un sondage en faisant comparer les programmes des partis et ils ont 63%. La différence ? les Québécois ne croient pas que QS peut gagner… et ne votent donc pas pour QS. Pourquoi ils ne le croient pas ? Parce que les medias leur disent que c’est impossible… Le Pouvoir en place (financier) contrôle les médias. Si Legault jure qu’il ne changera rien on le laissera peut-être gagner…. Mais évidemment ça ne pourra alors rien changer. Il n’y a plus rien à discuter »

Ma réponse sera censurée ou, plus subtilement, on en diffèrera la publication de 12 ou 24 heures ou le temps qu’il faudra pour que la vague des blogueurs soit venue et ait quitté ce fil. C’est ce que les bien-pensants appelent « Damage control » …

On va tenter d’évacuer ce genre de réponses, parce que le Systeme n’aime pas qu’on remette en cause le processus électoral comme manifestation libre de la volonté populaire. Qu’on prêche pour la Droite ou pour la Gauche, pour le fédéralisme ou pour l’indépendance lui est indifférent. D’abord, parce qu’il est possible de rendre le message pratiquement inaudible en lui barrant l’accès aux médias traditionnels ; ensuite, parce que toute conviction populaire, en ces temps de relative stabilité sociale, étant fragile et superficielle, l’impact de tout message peut être contré par une interprétation de mauvaise foi qu’en feront les médias qui sera vigoureusement diffusée ; enfin parce que des mesures exceptionnelles peuvent être prises qui changeront la donne.

Ici au Québec, aux USA, en France ou n’importe où, tout est parfaitement contrôlé. Il est seulement obscène de parler de cette manipulation… C’est donc parler d’abstention, ou dire que les dés sont pipés au départ par le contrôle médiatique et la corruption qui fait froncer les sourcils. C’est la seule chose dont le Systeme souhaiterait que l’on ne parle pas.

Mais revenons à l’impact du non-dit du message de Ligulaire. Les étudiants à Carré Rouge dans la rue peuvent être des milliers, mais l’on ne veut pas que vous oubliiez qu’ils pensent comme Québec Solidaire. Ils sont donc une infime minorité. Des marginaux et des rêveurs ! Vous ne votez pas pour QS, ce sont des « loosers » ! Comment pourriez-vous soutenir les étudiants en grève ? D’ailleurs ce sont de dangereux extremistes, des « terroristes » qui mettent de bombes dans le métro ! Ce sont eux, jeudi dernier, qui vous ont fait marcher sous la pluie. Avez-vous ressenti dans votre chair, au plus profond de votre grelottement. À quel point leur cause est ignoble ?

Tout ça pour un commentaire sur Cyberpresse ? NON. Tout ça pour des milliers de petites phrases saupoudrées apparemment au hasard sur les blogues, dans les chroniques, dans les articles supposés impartiaux, et surtout aux nouvelles du Téléjournal de RC, de TVA et de RDI. Un bloc solide de manipulation contre lequel la psyché populaire est sans défense.

On vous dit tous les jours, dans tous les médias, que 70% de la population soutient le gouvernement Charest contre les étudiants. Vrai ou faux ? En doutez-vous encore ? Surtout, quand on aura mis les étudiants hors d’état de nuire, souvenez vous bien que Québec Solidaire, ce n’est que la contestation étudiante qui continue sous un autre nom… Et c’est pour ça que QS n’aura que 5 % des voix

Mais je vous invite malgré tout à être candidat pour QS. Car le Bien ne triomphe jamais, mais le Mal recule toujours…. C’est ainsi que ce monde a été bâti, et croyez-moi: on fait œuvre pie et on prend bien du plaisir a trottiner dans la bonne direction.

Pierre JC Allard

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LA MATRAQUE, LA VIOLENCE ET LES INNOCENTS

La violence qui a marqué les évènements des derniers jours, particulièrement celle, à Victoriaville, dont le monde a été témoin, a de quoi soulever bien des questions. Il est facile, au premier abord, d’en rendre responsable les étudiants qui s’objectent, depuis plusieurs semaines, à l’augmentation des frais de scolarité. Quoi de plus efficace que cette violence pour les discréditer auprès d’une opinion publique grâce à un appui sans équivoque de nos médias qui reproduisent, à répétition, sans réserve et sans nuance, les mêmes actes de sabotage et de vandalisme.

Personnellement, j’ai toujours été contre l’usage de la violence délinquante, celle qui brise des vitrines, qui s’en prend aux passants, tire des pierres ou encore, lorsqu’un micro est à sa portée, crie des injures et tient des propos radicaux sans lien véritable avec le vécu d’une lutte légitime qui se veut respectueuse du droit et qui en réclame tout autant de la part des autorités. Je suis également contre toute violence qui trouve son fondement dans la  manipulation qu’en font les gouvernements.

Je pense que personne n’aime la violence, même pas dans les circonstances où elle peut être justifiée. Elle n’est souvent qu’un obstacle à l’obtention d’objectifs bien précis. Nous savons l’importance que revêt l’opinion publique dans le rapport de force entre les parties en conflit. Or cette opinion publique est très sensible aux expressions de violence qui ressemblent davantage à de la délinquance et à de l’anarchie, qu’à  de la légitime défense. Les gouvernements en savent quelque chose et ils peuvent, à l’occasion, susciter cette délinquance et cette anarchie, sachant que les médias « officiels » sauront en amplifier le caractère odieux.

Ces gouvernements n’ont-ils pas appris comment transformer des mouvements sociaux, des manifestations ouvrières et étudiantes en de véritables champs de bataille où les forces de l’ordre apparaissent comme les bons et les autres comme des méchants, des anarchistes, des communistes.

On se souviendra de ces derniers qualificatifs amplement utilisés, dans les années 1950 et 1960, alors que les États-Unis défendaient ses multinationales en Amérique latine et renversaient des gouvernements démocratiques pour les remplacer par des dictateurs qui acceptaient de leur être soumis. L’opinion publique nord-américaine, bien alimentée par une presse dirigée d’en haut, voyait dans ces interventions le geste humanitaire d’une nation généreuse au service de la liberté. Cette façon de faire, sous des formes plus raffinées, s’est poursuivie dans, à peu près toutes les régions du monde.  Il y a un mode d’emploi que les écoles militaires et de police enseignent à leurs membres. La plus connue est celle de l’école des Amériques, spécialisée dans la formation à la répression, à la torture, à l’élimination pure et simple des personnes. Les dictateurs de l’Amérique latine y envoyaient leurs soldats les plus méritants. Peut-être que certains des nôtres y sont passés.

En Colombie, il y a eu l’action des militaires et paramilitaires qui commettaient des crimes en toute impunité. Voici ce qu’en disait Philip Alston, dans son rapport  aux Nations Unies, daté de 2010 :

« Mes recherches ont abouti à la conclusion que des membres des forces de sécurité colombiennes ont perpétré un nombre significatif d’exécutions extrajudiciaires selon une méthode qui a été suivie dans tout le pays [...] Bien que ces assassinats n’aient pas été une composante de la politique officielle, j’ai trouvé de nombreuses unités militaires impliquées dans ce que l’on appelle les «faux positifs», auquel cas les victimes étaient assassinées par des militaires, bien souvent en vue d’obtenir un bénéfice personnel, qu’il soit matériel ou financier [...] Généralement, les victimes ont été attirées par un recruteur au moyen de promesses mensongères vers des zones reculées où elles étaient assassinées par des soldats, qui informaient par la suite qu’elles avaient été tuées au combat, et maquillaient la scène du crime »12.

Le scandale des faux positifs est le nom donné aux révélations qui, fin 2008, ont impliqué des membres de l’armée nationale colombienne dans des assassinats de civils innocents, dans le but de les faire passer pour des guérilleros morts au combat dans le cadre du conflit armé qui affecte la Colombie. Ces assassinats avaient pour objectif d’améliorer les résultats des brigades de combat1. Selon la terminologie du droit international, ces cas sont des exécutions extrajudiciaires, et selon la terminologie légale colombienne comme des homicides sur personne protégée2.

Ces choses ne se passent pas uniquement en Colombie. Dans un article tout récent publié sur WikiStrike on peut lire le titre suivant : « La majorité des attentats sont organisés par la police ». On y retrouve, entre autres, l’affirmation :

« De nos jours, la principale activité du FBI consiste à démasquer des complots terroristes aux États-Unis. Et quand le FBI ne parvient pas à trouver suffisamment de complots pour justifier son existence… et bien le “Bureau” les fabrique ! Pour ensuite parader devant la presse avec ses trophées… … Mais même la presse la plus veule finit par se rendre compte de quelque chose. «

Le Québec n’est ni la Colombie, ni les États-Unis. N’empêche que tous les gouvernements et les corps policiers échangent beaucoup entre eux, permettant ainsi d’apprécier certaines techniques plus efficaces que d’autres. Il ne fait aucun doute que la vieille technique d’infiltration est amplement utilisée, non seulement pour voir de l’intérieur les mouvements qui se préparent, mais aussi, le cas échéant, pour provoquer des actions de violence dans le but d’en imputer la responsabilité aux contestataires.

Je me souviens avoir travaillé dans des organismes de coopération internationale et d’avoir appris, après coup, que des compagnons de travail, étaient des agents infiltrés. Dans bien des cas, ils étaient les plus radicaux dans leurs discours et dans les discussions. Aujourd’hui, je comprends mieux la fonction qu’ils avaient : discréditer la crédibilité de l’organisation et de ses membres aux yeux du public. Depuis ce temps, je me méfie toujours de ces discours radicaux, peu enracinés dans la réalité des évènements.

Ce ne sera certainement pas la Sureté du Québec qui va révéler au grand public les modes d’emploi de ses forces policières. Par contre, les politiciens feront tout pour que leurs actions soient perçues comme celles d’un gouvernement responsable, soucieux de la sécurité et de l’ordre établi. Pendant ce temps, les grévistes, les contestataires devront se défendre de ne pas être les auteurs de la violence. Ce sera peine perdue, le mal étant déjà fait.

Que conclure ?

Les mouvements étudiants, les organisations syndicales, les diverses associations doivent s’organiser pour se protéger contre ces intrus. Il est important d’être présents dans les médias. À ce titre, il faut dire que les représentants étudiants ont été plus qu’à la hauteur de ce qu’on attendait d’eux. Ils en auront impressionné plusieurs par leur sang froid, leurs analyses et la clarté de leurs positions. C’est comme s’ils avaient compris que l’opinion publique devait être aussi précieuse pour leur cause qu’elle ne l’est pour le gouvernement.

Il n’y a pas de changement profond qui peut se réaliser durablement sans l’appui de l’opinion publique. Sachons, alors, la cultiver et l’apprivoiser en la rendant toujours plus consciente des grandes causes pour lesquelles nous luttons. Il faut briser le monopole de l’information à sens unique et au service du régime en place. Vigile et tous les autres sites d’information alternative font oeuvres de pionniers.

Oscar Fortin

Québec, le 7 mai 2012

http://humanisme.blogspot.com

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Les musulmans de St-Louis de Blandford

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Presse communautaire en région

Intimidation, harcèlement et mise en demeure

Le média communautaire Le Réveil de Saint-Louis de Blandford publie une caricature. Le conseil municipal de St-Louis de Blandford vote une résolution pour faire cesser cette violence envers la Municipalité!

Raymond Viger Dossiers Média, Presse Communautaire, Intimidation

caricatures mahomet st-louis de blandford journal le reveilUn camion d’entretien routier accroche un poteau de signalisation de la grande ville de Saint-Louis de Blandford qui compte 996 habitants.

Le média communautaire le Réveil de St-Louis de Blandford en fait une caricature dans son journal. Pour comprendre la gravité du geste posé, j’ai publié ici la caricature incriminante.

Maintenant, je vous laisse découvrir la description de cette monstrueuse violence qui en est faite dans une résolution du Conseil municipal de St-Louis de Blandford , piloté par le Maire Gilles Marchand:

ATTENDU

que ladite caricature présente un caractère de violence envers la Municipalité et le non-respect de la signalisation routière ;

que la Municipalité désire dénoncer cette situation de violence et compter sur l’appui des associations municipales pour faire cesser ce genre de situation ;

CONSIDÉRANT

que le journal communautaire est réalisé grâce à la participation financière du Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine ;

qu’aucune limite en ce sens n’est imposée aux journaux communautaires par le Ministère pour prévenir ou enrayer les attaques envers les contribuables et la Municipalité par le biais de ce genre de publications ;

que la Municipalité adresse une plainte au journal Le Réveil et qu’advenant le cas où la situation se répète dans les prochaines éditions, que la Municipalité adresse des demandes d’appui

  • à la Fédération Québécoise des Municipalités,
  • à la Corporation des Officiers en Bâtiments et en environnement du Québec (COMBEQ)
  • à l’Association des directeurs municipaux (ADMQ)
  • et qu’une demande soit adressée au Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine afin que des sanctions soient prévues dans les cas de propos ou de caricatures à caractère de violence ou de non-respect envers les municipalités dans les éditions des journaux communautaires financés par le gouvernement afin de favoriser le respect de l’administration municipale et prévenir les actes de violence.

Pour répondre à cette tentative d’intimidation, le conseil légal de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ), Maître Alain André a fait parvenir une mise en demeure au Maire Gilles Marchand pour faire cesser cette intimidation.

Les artisans de la presse communautaire n’ont rien d’autres à faire que de se défendre contre de telles démarches municipales.

Avec de telles intimidations pour décourager des bénévoles:

  • À quoi sert de faire la semaine du bénévolat pour reconnaître nos bénévoles si on ne cesse de les intimider les autres jours de l’année?
  • À quoi sert de faire des prix pour reconnaître nos bénévoles si on les harcèlent le restant de l’année?

Tout ça parce que le maire Gilles Marchand n’entend pas à rire et n’aime pas qu’on caricature SA ville. Gilles Marchand est-il le Mahomet de St-Louis de Blandford de qui on ne peut pas faire aucune caricature, ni de lui, ni sur sa SA ville.

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Flux et reflux d’une histoire qui se répéte

 
 
 

Publié par Marc Lafontan | Libellés : 

(..). Depuis deux siècles, c’est qu’il y en eut un sacré paquet de crises, de krachs, de dépressions et autres gâteries du même style. Et pas que des petites crises, mais des énormes, de celles qui font croire à l’apocalypse. Mais qui s’en rappelle ? Celle de 1929 reste encore dans les mémoires, mais elle a été précédée par de nombreuses autres : en 1873, en 1865, en 1836. À chaque fois, des coups de poing dans la gueule.Le monde civilisé croit ne jamais pouvoir s’en relever et il reprend toujours du poil de la bête, les banques souvent à l’origine de la tourmente renaissent de leurs cendres pour entamer un nouveau cycle.
 

Le 9 mai 1873, affolement à la Bourse de Vienne.

Une semaine après l’ouverture de l’Exposition universelle destinée à magnifier le règne de l’empire austro-hongrois, c’est le krach. La bulle spéculative immobilière de l’Autriche éclate. En quelques heures, des centaines de banques font faillite, entraînant la ruine de centaines de milliers de petits épargnants. Les établissements financiers sont incapables de récupérer l’argent prêté sans discernement aux sociétés immobilières et aux particuliers pour construire à Vienne. Un seul exemple édifiant : la banque Placht et Fels se révèle incapable de réunir 9 000 florins d’avoirs alors qu’elle affiche un passif de 2,76 millions de florins. C’est inimaginable.

Fièvre immobilière

Une fois de plus les banquiers paient leur totale irresponsabilité. Comme tous les Autrichiens, ils eurent la folie des grandeurs quand la France a commencé à verser d’énormes indemnités de guerre après la défaite de 1870. Vienne et de nombreuses autres villes lancèrent des programmes immobiliers énormes. Les particuliers suivirent le mouvement en construisant des immeubles et des maisons. Il fallut emprunter. Les établissements financiers ne demandaient que cela. Ils commencèrent à émettre des prêts hypothécaires comme vache qui pisse. La spéculation s’envola. Quand, pour un ensemble de raisons, la confiance s’effrita, ce fut donc la déroute boursière et bancaire.La crise s’étend rapidement à l’Allemagne dont les banques ont connu la même fièvre immobilière. Par exemple, entre 1871 et 1873, la Bourse de Berlin avait enregistré 95 nouvelles banques dont la Deutsche Bank. Avant l’effondrement, les établissements immobiliers cotés en Bourse versaient des dividendes exceptionnels compris entre 10 et 15 %. Le krach balaie ces sociétés comme fétus de paille. Les uns après les autres, les groupes financiers sautent comme bouchons de champagne lors d’un mariage princier. La faillite la plus spectaculaire est celle du financier Stephan Keglevich qui avait été le plus jeune parlementaire du Parlement hongrois en 1861. Dans la foulée, des milliers de petits investisseurs qui se croyaient riches et malins se retrouvent sur la paille, Gros-Jean comme devant. En Autriche, pour sauver les meubles, les banques disposent d’un fonds de 20 millions de florins, mais il est plus vite asséché qu’un puits d’oasis après le débarquement d’une caravane de chameaux. Selon les journaux de l’époque, un millier de petits épargnants se suicident. Pas de krach pour les entreprises de pompes funèbres.

Cascade de faillites

Après avoir nettoyé les banques outre-Rhin, le krach décide de visiter Paris, où il y aurait une autre bulle immobilière sympathique à faire exploser. Effectivement, dans la foulée des travaux du baron Georges Eugène Haussmann, les banques françaises avaient elles aussi joué la construction à fond. Aussitôt le vent de la terreur souffle sur la Bourse parisienne. Émile Zola décrit parfaitement les méfaits de la crise immobilière dans son roman La Curée. Après avoir croqué Paris, le krach se sent d’attaque pour prendre à la gorge l’Amérique. À l’automne, la Bourse new-yorkaise, qui est euphorique depuis la fin de la guerre de Sécession et surtout grâce au boom du rail, commence à vaciller. Davantage encore que leurs confrères européens, les banquiers américains avaient pris de gros risques en prêtant à tire-larigot. Quand la crise européenne débarque, elle est la goutte d’eau qui fait déborder le vase déjà bien rempli de compagnies ferroviaires en difficulté et de scandales politico-financiers. La confiance dans le monde bancaire américain s’effondre aussi rapidement que Hiroshima sous la bombe A.

Les faillites se déclenchent en cascade. La crise devient panique le 20 septembre 1873, quand Wall Street doit fermer dix jours après la faillite de la plus grande banque américaine de l’époque, la Jay Cooke. Un témoin de cette époque confie que “l’organisation économique s’écroula avec des accents de cataclysme primitif”. Le taux de chômage à New York s’élève alors à 25 %. Dans les grandes villes, les sans-emploi manifestent pour réclamer l’ouverture de chantiers publics. La police répond aussitôt à coups de gourdin. De nombreuses grèves paralysent le pays, se concluant par des échanges de coups de feu avec les milices privées engagées par les patrons. En Europe centrale, la dépression fait également rage, plongeant de nombreuses populations dans la misère. Lesquelles passent leur propre rage sur les Juifs lors de pogroms. Les boucs émissaires habituels.

Mais, rassurons-nous, le capitalisme est cyclothymique. Les crises financières finissent par s’essouffler. Phénix des temps modernes, les établissements financiers se remplument pour mieux aborder la crise suivante. Nous y sommes…

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Les singes : un miroir? (3)


Ce texte se nourrit de divers articles sur le sujet, principalement du livre du primatologue Frans de Waal intitulé «Le singe en nous».

 Nous savons que les grands singes sont nos cousins puisque nous avons en commun le même ancêtre, Pan.

Nous avons vu la semaine dernière que les tactiques politiques chères à l’humanité se retrouvent aussi chez les chimpanzés. Alliances deux contre un, coalitions, acrobaties obligées pour se maintenir au pouvoir. Domination, pouvoir, violence et conquête de territoire.

Les hommes et les grands singes n’hésitent pas à tuer leurs semblables. Les chimpanzés se montrent plus violents que les bonobos et n’hésitent pas à tuer les nouveaux-nés, mêmes de leur propre espèce pour conserver leur pouvoir. À côté de ces derniers, les bonobos font preuve de plus d’empathie.

Les bonobos règlent les questions de pouvoir par le sexe. Ils se montrent aussi plus empathiques que les chimpanzés.

Les manières des singes en société : notre miroir

Pourquoi rions-nous ou sommes-nous mal à l’aise devant les primates au zoo? N’est-ce pas un miroir de nous-mêmes qui nous dérange? Sinon, pourquoi des animaux aussi bizarres que les girafes, les ours polaires ou les kangourous ne déclenchent-ils pas la même gêne ou hilarité? Hum…. Sans doute parce que les primates éveillent en nous une certaine nervosité  parce qu’il nous renvoient une image cruelle et sans fard de nous-mêmes.

En société, l’être humain a son code de bonnes manières. Se saluer, échanger une poignée de main, s’embrasser, se sourire, se taper sur l’épaule, prendre congé de nos hôtes, se dire au revoir, etc. Notons que pour saluer quelqu’un, il suffit de manifester du plaisir à la vue d’un visage connu.

Voyons maintenant chez les singes. Beaucoup d’animaux sociaux réagissent ainsi, en manifestant du plaisir à la vue d’une face connue. Les singes, agissent aussi ainsi, en plus de se donner forcer baisers et accolades, et même dire au revoir, non verbalement, mais en saluant le mâle ou la femelle la plus respectée d’un groupe avant de s’éloigner.

Les expressions de notre visage sont typiquement celles des primates : par exemple nous rétractons nos lèvres pour découvrir nos dents et nos gencives lorsque nous avons besoin clarifier notre position sociale. Le sourire humain découle d’un signal d’apaisement, ce qui explique que les femmes sourient en général davantage que les hommes. Notre comportement, même le plus amical, laisse entendre par une infinité de détails que l’agressivité reste toujours possible. Nous apportons des fleurs ou une bouteille de vin  quand nous envahissons le territoire d’autres personnes et nous nous saluons en agitant une main ouverte, geste qui aurait eu pour fonction, à l’origine, de montrer l’absence d’armes. Nous formalisons tant notre organisation hiérarchique  – par la posture du corps et le ton de la voix – qu’il suffit de quelques minutes à un observateur confirmé pour dire qui est en haut de la hiérarchie et qui est en bas. Nous parlons de «lèche-cul»; de «ramper» devant quelqu’un, de se «frapper la poitrine», autant de façons de faire humaines que nous connaissons instinctivement.

Les humains sont aussi fort irrévérencieux. Saint Bonaventure disait : «Plus un singe monte haut, plus on voit son derrière.»

Le pouvoir et le sexe chez le chimpanzé

LE POUVOIR

Chez les chimpanzés, le pouvoir est entre les mains du mâle alpha.

Le chimpanzé qui désire régner en maître devra se battre solidement. Donner des coups bas. Intriguer sournoisement pour augmenter son influence, exploiter les rivalités. Les tensions quotidiennes dans la colonie sont fréquentes. Après une lutte féroce, le nouveau mâle alpha se prendra parfois un bras droit jusqu’à pouvoir dominer seul. Le mâle alpha parvenu à ce terme s’abroge de grands privilèges : domination sur les autres mâles, possession des femelles les plus séduisantes, droit de regard sur la nourriture, autorité absolue sur tout. La hiérarchie est très forte chez les chimpanzés.

Le chimpanzé alpha qui parvient habilement à maintenir son pouvoir est celui qui est apprécié des femelles, celui qui accorde une certaine protection aux faibles (tout en les maintenant hiérarchiquement dans leur faiblesse), celui qui brise avec efficacité les alliances entre rivaux en divisant pour mieux régner, et ce, en vertu d’une tactique commune aux chimpanzés et aux hommes. En apercevant d’autres mâles ensemble, l’alpha a deux choix : se joindre à eux ou charger ostensiblement pour les disperser.

Parfois, un chef est mis en charpie par des rivaux qui s’allient pour l’éliminer. Frans de Waal raconte un incident qui se produisit au zoo d’Arnhem où son chimpanzé préféré – alors mâle alpha – avait été massacré par deux congénères, d’anciens rivaux. Quand Frans de Waal fut appelé d’urgence au zoo, il trouva le chimpanzé alpha assis dans une mare de sang, portant sur tout son corps des traces de morsures acérées (les singes possèdent de puissantes canines), et il lui manquait des doigts et des orteils. Le vétérinaire du zoo vint l’anesthésier sur place et l’animal fut transporté en salle d’opération où il fallut des centaines de points de suture pour le recoudre. Durant l’intervention, ils s’aperçurent que le primate n’avait plus de testicules. Le primate mourut. Malheureusement pour lui, aucune femelle ne s’était trouvée dans la cage cette nuit là pour faire cesser le combat – car il n’est pas rare que les femelles interrompent collectivement les altercations qui dégénèrent entre mâles.

Chez le chimpanzé mâle, le pouvoir est le moteur par excellence : une obsession constante, source d’immenses avantages pour qui l’acquiert, et d’intense amertume pour qui le perd.

Le sort réservé parfois aux singes occupant le sommet de la hiérarchie est une dimension simplement inévitable de la quête de pouvoir. Outre le risque d’être blessé ou tué, jouir d’une position de pouvoir s’avère stressant. On peut le démontrer en mesurant le cortisol, une hormone du stress présente dans le sang.

Comme le stress compromet le système immunitaire, il n’est pas rare d’observer chez ces primates  des ulcères et des crises cardiaques, également courants chez les P-DG de sociétés.

Mais, le rang doit nécessairement offrir d’énormes avantages – autant chez les chimpanzés que chez les êtres humains – sinon l’évolution n’aurait jamais mis en place des ambitions si aventureuses.

Un statut élevé se traduit en général par de la nourriture pour les femelles et, par des compagnes sexuelles pour les mâles.

Mais, il arrive aussi que les mâles rivalisent pour la nourriture et les femelles pour des partenaires sexuels, encore que cette seconde possibilité concerne essentiellement une espèce, COMME LA NÔTRE, où les mâles aident à élever les petits.

Tout dans l’évolution se ramène au bout du compte au succès reproducteur : les orientations différentes des mâles et des femelles s’inscrivent dans une logique parfaite.

Un mâle augmentera sa progéniture en s’accouplant avec de nombreuses femelles tout en tenant les concurrents à distance. Pour la femelle, une telle stratégie est absurde : s’apparier avec des mâles multiples ne lui apporte en général aucun bénéfice.

La femme recherche non pas la QUANTITÉ mais la QUALITÉ.

Chez les animaux, la plupart des femelles ne vivent pas avec leur compagnon, et n’ont donc besoin que de choisir le partenaire sexuel le plus sain et le plus vigoureux. Ainsi, elles assurent de bons gènes à leurs rejetons. Mais les femelles d’une espèce où les partenaires sexuels restent à proximité se trouvent dans une situation différente, qui vont alors préférer des mâles protecteurs, et plus doux.

Les femelles dominantes ont droit à la meilleure nourriture. Elles élèvent donc les petits les plus robustes.

Un aparté au sujet des singes macaques rhésus, où la hiérarchie est si stricte, qu’une femelle dominante n’hésitera pas à attaquer une femelle subordonnée si celle-ci a les bajoues gonflées – ces bajoues gonflées servant à transporter la nourriture en lieu sûr. Le singe dominant maintiendra la tête du singe de rang inférieur et lui ouvrira la bouche, lui faisant les poches en quelque sorte.

Les animaux ne pensent pas en termes de procréation, mais appliquent des stratégies qui contribueront à la  dissémination de leurs gènes.

Le chimpanzé adore exhiber ses parties génitales. Ses testicules affichent une taille impressionnante. Les femelles sont dotées de tumescences spectaculaires quelles exposent aisément aux singes mâles et femelles, et aux gardiens de zoo. Les grands singes ont des pénis d’une longueur et d’une largeur qui doivent sans doute habiter l’inconscient de l’homme.

Le pouvoir et le sexe chez l’homme

Le texte sur le pouvoir chez l’homme sera assez court, finalement.

Car il ressemble assez à celui du chimpanzé.

Toutefois, une question s’impose : sommes-nous prêts pour un monde gouverné par des valeurs différentes, orientées vers le bien du tout?

Ça vous rappelle quelque chose lorsque Madame Thatcher – la dame de fer anglaise – proclamait hautement l’individualisme. «Il n’y a pas de société, affirmait-elle, il y a des individus, des hommes et des femmes, et il y a des familles.»

Qu’arriva-t-il vingt ans plus tard? Quand les scandales financiers monstres ont crevé la bulle boursière, l’individualisme pour et dur a perdu de son attrait. Après le scandale Enron, le public a commencé à prendre conscience que le capitalisme forcené tirait rarement des gens ce qu’ils ont de meilleur. Le président de la Réserve Fédérale, Alan Greenspan, prophète du capitalisme, laissait entendre qu’il serait bon d’appuyer sur la pédale de frein : «Ce n’est pas que les humains soient devenus plus rapaces que dans les générations passées, mais les routes par lesquelles s’exprime la rapacité se sont immensément élargies.»

Des biologistes de l’évolution soulignent que l’heure est venue pour le monde des affaires d’être gouverné non seulement par des règles, mais par des valeurs. La poursuite rationnelle de l’intérêt personnel constitue parfois une stratégie inférieure. Sommes-nous prêts à détourner notre regard du domaine industriel pour nous tourner vers le domaine social? Sommes-nous prêts à nous soucier les uns des autres et à en tirer notre raison d’être?

LE SEXE

Pour le sexe humain, la sagesse populaire veut que les hommes aient appris dès leur plus jeune âge à cacher leur état affectif, mais ces habitudes semblent découler davantage du fait d’être frappés par d’autres à la moindre occasion de faiblesse. Nos lointains ancêtres remarquaient sûrement le moindre relâchement ou la moindre perte de tonus chez les autres. Un mâle de haut rang avait tout intérêt à camoufler ses insuffisances, une tendance qui sera devenue innée.

Le mâle humain a hérité de la même tendance que le singe, à savoir, appliquer des stratégies qui contribueront à la dissémination de leurs gènes. Les rappels de ce lien entre le pouvoir et la sexualité abondent. La plupart des gens considèrent avec réalisme le sex-appeal des dirigeants et ferment les yeux sur leurs liaisons … toutefois, ce lien est porté quelquefois sur la place publique avec bruit et hypocrisie, tel le scandale Monica Lewinsky. Disons malheureusement que cette tolérance ne s’applique qu’aux dirigeants de sexe masculin. En général, les hommes n’apprécient pas beaucoup les partenaires puissantes (plus puissantes qu’eux), ce qui fait dire à Frans de Wall qu’une position élevée ne profite pas aux femmes. D’ailleurs, une éminente femme politique française lui aurait un jour confié qu’elle comparait le pouvoir aux pâtisseries : elle en raffolait mais elle savait que ce n’était pas bon  pour elle.

Les hommes, tout comme les singes, accordent beaucoup d’importance à leur sexe. Certains hommes sont mieux équipés que d’autres, c’est certain. Les hommes donnent parfois l’impression de s’identifier à leur pénis. Ils font beaucoup de blagues sur sa grosseur et sa force. C’est pour rire, se défendent-ils. C’est aussi pour rire qu’ils disent parfois qu’ils ont deux cerveaux, le petit et le grand. Le petit en indiquant la tête du menton, et le grand, en pointant vers leur pénis. Ils répètent que c’est une blague. Ce qui ne les empêche pas de se tortiller sur leur chaise. Là-dessus, ils restent d’éternels adolescents.

Personnellement, je suis agacée par la façon dont des jeunes et moins jeunes s’assoient. Dans le métro ou dans un salon, ou dans une salle de conférence, ou même en entrevue à la télévision. Les cuisses largement écartées, ils occupent le plus d’espace possible sur leur siège, histoire de protéger leur pénis, sans doute. J’ai remarqué que les personnes plus raffinées, ou plus intellectuelles ou occupant de hautes fonctions ne s’assoient pas de cette façon, ils vont plutôt croiser les jambes. Cette position renvoie d’eux une meilleure image.

Les femmes sont souvent en mode de plaire au mâle. C’est instinctif. Je me souviens d’une journée passée au parc avec ma petite-fille qui venait d’avoir six ans. Elle jouait dans le carré de sable avec un garçon plus jeune d’environ quatre ans. Elle était gentille avec lui, mais en bonne camarade. Arriva alors un garçon d’environ huit ou neuf ans, assez bâti, et je ne cesserai de m’étonner de ce que je vis alors, ma petite-fille a rougi en voyant ce garçon plus vieux qui venait se joindre au jeu (le grand frère du petit garçon sans doute). Sa voix prit une intonation différente. Elle était subjuguée! Cette scène m’a beaucoup attendrie. Chez les enfants, il y a des jeux de rôles qui se font et qui seront reproduits plus tard. Tout se passe comme s’ils connaissaient déjà la dimension sensuelle.

Notre société parle beaucoup d’amour et de désir. On confond souvent l’amour avec le désir. Le désir crée souvent l’illusion de l’amour. Ce qui n’a rien à voir. Nous le savons tous.

En comparaison avec les grands singes, la fréquence des rapports sexuels chez les êtres humains est plutôt faible. Nous divergeons des grands singes par une autre caractéristique : notre sexualité est beaucoup plus restreinte.

Les grands singes ont des pratiques sexuelles variées, tel que mentionné dans l’article précédent. Sexualité orale, baiser avec la langue, frictions génito-génitales, la position du missionnaire, et toutes sortes de postures. Enfin, à peu près ce que nous, les humains, pratiquons aussi.

Dans les prochaines semaines, des thèmes tels

  • l’empathie, la sympathie, la cruauté, la gratitude
  • la sélection naturelle, l’hypothèse «l’erreur de Beethoven» (processus et produit)
  • moralité ou centres émotionnels profondément enfouis dans le cerveau?
  • l’intérêt d’étudier les singes et les méthodes utilisées
  • la vie de clan et l’habitat
  • les prophètes, les visionnaires, les saints et les poètes
  • le cerveau et l’intelligence du cœur
  • la conscience et l’évolution
  • le génie humain, quel est-il?
  • Et d’autres

Carolle Anne Dessureault

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GRÈVE ÉTUDIANTE AU QUÉBEC – BILAN APRÈS 13 SEMAINES DE RÉSISTANCE

« Tout ce qui grouille, grenouille et scribouille n’a pas de conséquence historique !». Qui a prononcé cette sentence historique ? Le quidam Jean-François Lisée, animateur télé, ancien conseiller de certains chefs chauvins du Parti québécois et précédemment militant « communiste ouvrier » à temps partiel, les jours fériés et les week-ends, a commis un éditorial sur son blogue. Mine de rien le péquenot fait le bilan de la grève étudiante et il  attribue les fruits du conflit à la bourgeoisie (1).

Le scribouilleur se permettait un post mortem de la grève étudiante des semaines avant  que la mort du patient ne soit avérée – façon d’appeler les étudiants à renoncer et à capituler. C’est un peu le message de son mentor – le toupet-à-Bouchard – un réactionnaire ex-vedette péquiste devenu lucido-fascisant et promoteur schisteux en compagnie d’une bande de « has been sur le retour » (les compères Faical, Martineau, Mario l’oublié, et autres pestiférés des médias sous influence) qui récemment nous accablaient de leur avis non-sollicité à propos de la grève étudiante. Enfin, comprenez bien, l’expérience militante du crypto-lucide Lisée se résume à quelques piquetages en vadrouille devant une demi-douzaine d’usines fermées dans un lointain passé oublié…

L’attaque de son Requiem sur la grève étudiante va comme suit : « Vive la pub pour les universités ! ». Ridicule, n’est-ce pas ? Pour les fils de grands bourgeois, cette grève signifie qu’ils ne peuvent vaquer paisiblement à leurs études et obtenir leur diplôme au milieu  des frivolités qu’ils ont les moyens de se payer. C’est la pagaille, dirait Bouchard le facho « de souche ». Les partisans étudiants peuvent à tout instant interrompre les études doctorales des dilettantes, de quoi décourager de s’inscrire au chic McGill University. Ce n’est pas une très bonne publicité, vous en conviendrez.

Pour les fils d’ouvriers et de petit-bourgeois en cours de paupérisation, l’échec de la revendication du gel des droits de scolarité signifie qu’ils devront travailler davantage à la quincaillerie, à la librairie, à la cafétéria, dans un restaurant ou dans un supermarché, ou encore se dégoter un deuxième emploi tout en poursuivant leurs études à plein temps – s’ils y parviennent – et cela, tout en s’endettant davantage (2). Il est maintenant admis que la hausse des droits de scolarité n’est qu’une étape sur le sentier de la privatisation des universités et de leur assujettissement total aux intérêts des grandes entreprises monopolistes ; à cette fin Charest devait rendre le pactole plus alléchant pour les entreprises en haussant le financement par les étudiants. Même s’ils n’ont pas gagné la partie, les étudiants par leur action résolue ont sérieusement compromis ce plan secret du gouvernement Charest. D‘autant que la grève pourrait reprendre l’an prochain ou dans deux ans, plus dure et plus acharnée. Qui veut hériter d’un système universitaire aussi instable et révolté ?

Pour les fils de familles pauvres (une portion des étudiants est issue de ces milieux), ça signifie : une bourse d’études certes un peu plus élevée assortie cependant d’un prêt beaucoup plus accablant, donc un endettement plus important à la fin du parcours, si jamais ils le complètent. Certains statisticiens évaluent à 6000 par année le nombre de jeunes qui abandonneront les études suite à ces hausses de droits de scolarité de 1 779 $C (82 % de hausse des droits en sept ans) (3).

« La grève a permis de connaître des leaders étudiants modèles », nous suggère l’intellectuel – prenant grand soin de nous décrire sa vison fantasque des jeunes de cette génération. Et ce péquiste repenti de nous dépeindre ces chefs étudiants en arrivistes articulés, intelligents, sournois, égocentriques, intéressés et déjà prêts à poursuivre leur carrière sur les banquettes de l’Assemblée nationale – remake de la carrière des péquistes Landry, Charron, Faical, et Bouchard. Les assemblées générales étudiantes, en rejetant la dernière « entente » signée par les leaders étudiants, prouvent que des choses ont changé au pays des associations étudiantes québécoises.

Et le gribouilleur de poursuivre son «examen» regardant par le seul bout de sa lorgnette embuée : « la grève étudiante serait une école de « Démocratie », clame-t-il. On ne peut dire plus vrai, papa Lisée. Heureusement que vous êtes resté assis sur la clôture avec M. Martineau et Mario l’oublié à regarder passer la manif au lieu de venir nous encombrer de vos billevesées.

La démocratie des riches s’est étalée sans fard – nue – face à tous les belligérants de ce combat de titans. La « démocratie » des riches a fait fi de la volonté de 200 000 étudiants (22.03.2012), la grande majorité des universitaires, traités avec désinvolture et condescendance par la « mère supérieure » du ministère (4). Quelques années auparavant, la « démocratie » des riches avait d’abord convié les représentants étudiants à des discussions – sous agenda imposé et scellé.  Le premier Ministre leur avait dit alors : « Je réunis des intervenants des entreprises pour discuter du montant et des modalités de la hausse des frais de scolarité ; aucun autre sujet ne peut être abordé  et surtout pas question de proposer le GEL DES DROITS DE SCOLARITÉ. À qui la parole ? » avait ajouté Charest – le bonnet d’âne. Les représentants étudiants venaient de vivre l’expérience de leur pseudo « démocratie » (5).

N’oublions pas les centaines de contraventions ahurissantes (500 $) et d’arrestations préventives (arbitraires) sur présomption de culpabilité de centaines d’étudiants manifestants, encore une démonstration de la dictature bourgeoise. Les ministres ont expédié leur flicaille pour matraquer, tirer et blesser les étudiants manifestants, ces enfants du peuple tenant leurs lignes de piquetage légales et démocratiquement entérinées (6).

Les tribunaux des milliardaires ont été appelés à la rescousse pour renforcer le sentiment « démocratique » des étudiants ! Et les injonctions des tribunaux à la solde sont tombées sur les grévistes. Vous me permettrez de ne pas m’appesantir sur la collusion totale des médias bourgeois cherchant en entrevue à diviser les représentants des associations étudiantes – à dénigrer les étudiants, à les décourager de continuer leur juste résistance contre la hausse. Après dix semaines de silence indifférent de la part du gouvernement, les médias québécois ont eu l’outrecuidance d’accuser les étudiants de ne pas vouloir négocier et ils ont appelé le gouvernement à être plus sévère envers ces jeunes adultes fréquentant l’école buissonnière.

Voilà la « démocratie » des riches et leurs organes d’information en action. Il ne manque qu’une loi spéciale autoritaire exigeant le retour en classe pour mettre le dernier clou au cercueil de leur pseudo « démocratie ». C’est justement ce qu’est venu exiger Bouchard, l’ex-Premier péquiste, à la télé un soir passé. Excellent apprentissage de la vérité sur la démocratie bourgeoise, monsieur le crypto-lucide Lisée. Il y a là un savoir indélébile qui restera gravé dans la mémoire de chaque gréviste. Attendons une résurgence de cet affect un jour de grande tempête sociale à venir (7).

Pour la finale, notre sévère éditorialiste se métamorphose en humoriste.  Après avoir fait montre de chauvinisme nationaliste au paragraphe précédent, le voici tendant l’oreille vers « l’universel d’un monde transcendant ». « Printemps érable » écrit-il. « Printemps sirop » serait plus à propos.

Il n’y a pas de « Printemps érable », n’en déplaise aux tenants du Grand Soulèvement. La vindicte populaire est grande contre le gouvernement Charest, et les manifestations qui en attestent sont immenses (300 000 manifestants dans les rues de Montréal le 22 avril dernier). Mais ces démonstrations de frustration ne sont pas suffisantes pour entraîner le renversement du pouvoir bourgeois qui sévit à Québec autant qu’à Ottawa.

La grogne collective est grosse d’un « printemps québécois et canadien » qui se fait malheureusement attendre. Pour ma part, je dirais que cette attente est préférable. Les conditions subjectives d’un tel soulèvement ne sont pas réunies, si bien qu’une telle révolte générale serait pour le moment noyée dans le sang.

Le véritable bilan que l’on peut tirer de cette grève, c’est que des milliers et des milliers d’individus jeunes et moins jeunes ont fait leurs classes révolutionnaires. Ils se sont montrés déterminés, disciplinés, ordonnés de manière exemplaire. Ils ont démontré une conscience et une perspicacité hors du commun. Rien à voir avec la caricature que les médias tentent de nous présenter de cette génération éperdue. Aucun piège des médias à la solde, ni du gouvernement en mission commandée, pas même le bilan tendu par le penseur Lisée ne les a déroutés.

Leur résistance a été menée sur le front économique de la lutte des classes (la classe en soi, même si ces jeunes ne sont pas encore partie de cette classe, ça viendra) : pour le droit à l’enseignement supérieur pour les filles et les fils de la classe ouvrière et de la petite-bourgeoise en cours de paupérisation ; contre le rejet du fardeau de la crise économique sur leur dos et contre la privatisation des universités. Le compromis négocié est l’affaire des étudiants et des étudiantes selon le rapport de force qu’ils perçoivent. Aux étudiants canadiens et étatsuniens de suivre l’exemple maintenant !

Cette bataille fut exemplaire. C’est précisément ce qui effraie Charest le porte-faix, ses sbires et ses maîtres, c’est qu’elle fasse « boule de neige » lors des prochaines  négociations contre la fonction publique provinciale et fédérale (Harper congédie des milliers de fonctionnaires fédéraux : que se passe-t-il dans les rangs des fonctionnaires en ce moment ?), ainsi que dans le secteur privé, contre les monopoles comme Rio Tinto Alcan, Quebecor, Bell, Air Canada, Couche Tard, etc. Les travailleurs pourraient se rappeler la façon que les jeunes ont traité avec les bureaucrates, avec le gouvernement des riches, avec les recteurs d’universités et avec la police et les autorités judiciaires de service.

Selon les riches c’est un très  « mauvais » exemple pour les travailleurs que cette grève militante des jeunes fils et filles d’ouvriers ! Toute une pub pour la révolte à venir, messieurs Lisée, Dumont, Martineau et Bouchard. Entre la conscience de classe en soi (poursuivant des revendications économiques et sociales) et la conscience de classe pour soi (poursuivant la revendication ultime et suprême : tout le pouvoir aux étudiants, aux citoyens des quartiers, aux travailleurs des bureaux, aux ouvriers des usines, aux autochtones stipendiés et aux prolétaires exploités), il n’y a parfois qu’un pas, et une étincelle peut alors mettre le feu à toute la Vallée du Saint-Laurent et plus avant.

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(1)  http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/

(2)  «Michel Leblanc (Chambre de Commerce) a félicité «la ministre de l’Éducation et le ministre des Finances d’avoir pris cette décision éclairée qui vient consolider l’accessibilité aux études supérieures». « La Chambre de commerce proposait la mise en place d’un tel mécanisme en 2010 dans le Pacte pour un financement concurrentiel de nos universités », signé par le lucido-fascisant  Lucien Bouchard !

http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=30668

(3)  http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=30560

(4)  http://www.legrandsoir.info/deux-cent-mille-etudiants-ont-coince-charest.html

(5)  http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=30541

(6)  http://les7duquebec.com/2012/04/04/pour-le-gel-des-droits-de-scolarite-contre-lintervention-policiere-et-judiciaire/

(7)  http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=30378

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