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	<title>Les 7 du Québec</title>
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		<title>Les 7 du Québec</title>
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		<item>
		<title>Des maladies au service de l’industrie  &#8211;  Deuxième partie</title>
		<link>http://les7duquebec.com/2012/02/23/des-maladies-au-service-de-lindustrie-deuxieme-partie/</link>
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		<pubDate>Thu, 23 Feb 2012 05:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cadessureault</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Carolle-Anne Dessureault]]></category>

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		<description><![CDATA[Le site NEMESIS TV a publié un article et des vidéos sur les maladies à créer qui servent le bien des grandes pharmaceutiques. Les informations qui suivent ont été inspirées de ce site. Le lien est http://mega-streaming-info/vido/YKKNW4RX472M/Maladies-à-vendre Résumé Nous avons vu la &#8230; <a href="http://les7duquebec.com/2012/02/23/des-maladies-au-service-de-lindustrie-deuxieme-partie/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=les7duquebec.com&amp;blog=4489966&amp;post=15941&amp;subd=les7duquebec&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><a href="http://les7duquebec.com/2012/02/23/des-maladies-au-service-de-lindustrie-deuxieme-partie/money-cash-money-change-coins-money-2/" rel="attachment wp-att-15942"><img class="alignnone size-medium wp-image-15942" title="Money cash money change coins money" src="http://les7duquebec.files.wordpress.com/2012/02/4612035503_13ffb333f81.jpg?w=300&#038;h=199" alt="" width="300" height="199" /></a></p>
<p>Le site NEMESIS TV a publié un article et des vidéos sur les maladies à créer qui servent le bien des grandes pharmaceutiques. Les informations qui suivent ont été inspirées de ce site.</p>
<p>Le lien est <a href="http://mega-streaming-info/vido/YKKNW4RX472M/Maladies-%C3%A0-vendre">http://mega-streaming-info/vido/YKKNW4RX472M/Maladies-à-vendre</a></p>
<p><strong>Résumé</strong></p>
<p>Nous avons vu la semaine dernière que la nouvelle tendance des grandes pharmaceutiques est d’inventer des pathologies sur mesure, préférablement chroniques afin de garantir les retours de leurs investissements et recycler leurs médicaments. Dans les années 1980, les firmes concentraient généralement leurs efforts sut la guérison des maladies existantes. Ce changement de cap n’est pas de la science fiction.</p>
<p>Nous avons vu que cette situation était possible en <strong>élargissant les critères dans la durée et les seuils de la définition de la maladie afin que cette dernière soit accessible au plus grand nombre de personnes possibles. </strong>Cette tendance nous donne l’impression qu’il est plus simple d’inventer des maladies qui n’existent pas, et par la suite, trouver un médicament pour ces maladies, que l’inverse. Leur problématique étant de développer de nouveaux marchés, les grandes pharmaceutiques ciblent dorénavant leurs efforts non pas sur la maladie, mais sur les marchés de développement.</p>
<p>Nous avons mentionné certaines maladies dont on a élargi passablement les critères afin de recevoir plus de clients, telles <em>le syndrome dysphorique menstruel, la tension artérielle, le taux de cholestérol est les maladies cardiovasculaire et la dysfonction érectile.</em></p>
<p><em> </em>Nous poursuivons aujourd’hui avec d’autres maladies.</p>
<p>LA DÉPRESSION</p>
<p>Les personnes souffrant de dépression sont souvent perçues comme des personnes faibles, qui manquent de courage et d’ambition, qui sont des perdants. Comment faire pour changer cette image afin d’élargir sa définition?</p>
<p>Dans les années 1960-70, relate le Dr Edward Shorter de l’Université de Toronto, l’anxiété était un diagnostic très répandu. La famille des médicaments pour traiter ces troubles étaient le lubrium et le valium et tous les médicaments qu’on appelle les anxiolitiques. Au cours des années 80, on réalisa que ces médicaments rendaient les gens dépendants. Ces médicaments perdirent de leur popularité. La voie était alors libre pour que la dépression entre en place.</p>
<p>Une vidéo marketing conçue par le milieu de la pharmaceutique explique  que la dépression est une maladie et que personne n’est jamais à l’abri.  Le narrateur affirme que cette maladie regroupe plus de 20 millions de personnes en Amérique. On ajoute que les personnes qui, autrefois souffraient d’anxiété, n’étaient pas réellement anxieuses, car elles souffraient plutôt de la dépression, une maladie causée par un déséquilibre de la sérotonine, mais que les médicaments proposés agissaient comme des vitamines qui allaient remonter le niveau de leur sérotonine.</p>
<p><strong>Les symptômes</strong></p>
<p>Le Dr Jérome Wakefield explique que tout le monde peut reconnaître les symptômes de la dépression. Le diagnostic de la dépression se fait à partir de cinq symptômes sur une liste de neuf pendant une période d’au moins deux semaines, soit tristesse, perte de plaisir et d’appétit, de concentration dans les tâches habituelles, si la personne est assaillie de pensées morbides, s’il y a ralentissement dans ses mouvements, alors elle est probablement sur le chemin de la dépression. Donc, bien des gens peuvent ressentir ces symptômes de tristesse, de perte d’appétit, de fatigue pendant plus de deux semaines après toutes sortes de stress ou d’une épreuve.</p>
<p>Le problème est que ces critères ne sont pas uniquement utilisés par des spécialistes qui sauraient  faire la différence entre une perte normale éprouvante dans la vie (mort d’un proche, perte d’un emploi) et une véritable maladie de la dépression. Le réel problème est que ces critères sont tellement <strong>déifiés dans le monde médical qu’ils sont devenus la définition même d’un désordre mental. </strong>Cinq symptômes c’est assez arbitraire, mais des personnes qui ont moins de cinq symptômes peuvent aussi faire une dépression minime.</p>
<p>Ainsi, il est facile d’embarquer les gens dans une direction où tout épisode de tristesse dû à une période difficile devient une <strong>occasion d’être traité médicalement.</strong></p>
<p><strong> </strong>Voici un exemple personnel. Une amie de ma fille a perdu son père l’automne dernier. Elle est allée voir son médecin. Il lui a proposé des antidépresseurs pour traverser cette épreuve. La jeune femme a refusé, jugeant normal qu’elle pleure pendant un temps son père qu’elle adorait.</p>
<p>LA BIPOLARITÉ</p>
<p>À la fin des années 90’ on parlait de la famille d’antidépresseurs appelés <strong>inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine.  </strong>L’industrie arrivait en bout de brevet. Cette dernière faisait face à un problème. Elle pouvait inventer une nouvelle classe de médicaments plus efficaces et informer les médecins que les patients qu’ils traitaient pour dépression pourraient bientôt bénéficier d’une nouvelle source de médicaments – qu’elle n’avait pas encore trouvée – bien plus efficaces.</p>
<p>Le Dr Wakefield explique que la stratégie choisie par l’industrie pharmaceutique fut de reproduire ce qu’elle avait fait vingt ans avant quand elle avait transformé les patients anxieux en patients déprimés. Cette fois, l’industrie allait convaincre les patients déprimés qu’ils étaient en fait bipolaires.</p>
<p>Ceux qui souffrent de bipolarité (psychose maniaco-dépressive) vivent un véritable cauchemar quand ils sont dans leur phase descendante. Les thymorégulateurs de l’humeur ont démontré leur efficacité, tels les sels de lithium, et plusieurs autres. Des contrôles sanguins sont par contre nécessaires et ces médicaments ne sont pas sans effets secondaires. Le lithium peut affecter la thyroïde, alors que l’olanzapine favorise le diabète.</p>
<p>Les gens en général reconnaissent la nécessité pour les véritables bipolaires de prendre des médicaments pour leur permettre d’être plus stables et heureux dans leur vie et pour ceux qui les entourent.</p>
<p>Cependant, l’élargissement des critères de la bipolarité créé par l’industrie des chercheurs a conduit à la classification suivante :</p>
<ul>
<li>trouble bipolaire <strong>1 </strong>qui correspond à la maniaco-dépression classique</li>
<li>trouble bipolaire <strong>2</strong></li>
<li>trouble bipolaire <strong>3</strong></li>
<li>trouble bipolaire <strong>4</strong></li>
<li>spectre bipolaire</li>
</ul>
<p>Sans connaître les nuances entre les différents troubles bipolaires, il est facile d’en déduire qu’il y a des dépressions (ou maniaco-dépressions) diagnostiquées moins fortes, selon une échelle de grandeur de 1 à 4. Et enfin, si vous ne vous classez pas parmi ces quatre catégories, il reste toujours le <strong>spectre bipolaire </strong>qui vous guette à tout moment si vous vous sentez déprimé, et qui pourrait bien faire de vous, selon le monde médical, un dépressif nécessitant de consommer des médicaments.</p>
<p>Dans la vidéo sur la maladie de la dépression, il est fortement recommandé aux gens de tenir un carnet de leur humeur. Ceci laisse à penser qu’une telle courbe décrite par le carnet d’humeur au cours d’une journée est la première indication d’un trouble bipolaire, car selon des spécialistes, il est important de traiter les maladies avant qu’elles ne deviennent plus sévères. Une vérité, à première vue, qui risque d’être mal comprise et conduire à l’abus.</p>
<p>Est-ce à dire que les gens bientôt n’auront plus la possibilité d’exprimer leurs émotions, mêmes celles qui sont anxieuses et douloureuses?</p>
<p>AU JAPON, LA DÉPRESSION S’APELLE DORÉNAVANT <strong><em>«LE RHUME DU CŒUR ou de l’ÂME</em></strong><strong><em>».</em></strong></p>
<p>Une jolie expression brillamment trouvée par des experts en marketing à la solde de l’industrie pharmaceutique, expression poétique et pure, qui connecte bien avec la culture japonaise. Autrefois, les Japonais considéraient la dépression comme une maladie rare. La perception des Japonais vis-à-vis la dépression a été élargie, car après tout, elle n’est qu’un rhume du cœur ou de l’âme.</p>
<p>Une vaste campagne de marketing s’est faite au Japon, très bien menée il faut le dire. Les Japonais avaient besoin de reconnaître véritablement que la dépression était plus fréquente qu’ils ne le pensaient et que personne n’en était à l’abri, même les gens importants et faisant partie du pouvoir.</p>
<p>Lorsque des vedettes publiques furet interviewées sur leur maladie, les Japonais commencèrent à voir les choses autrement, je suppose. Surtout lorsque l’Impératrice de la Cour impériale a confié qu’elle souffrait elle aussi de dépression et qu’elle était soignée pour cette maladie. L’industrie ne pouvait rêver de meilleure notoriété pour la cause, à part l’Empereur lui-même.</p>
<p>Dans une vidéo qui s’adresse au peuple japonais, le narrateur souffle : «<em>Si vous êtes déprimé plus d’un mois, consultez votre médecin.»</em></p>
<p><em> </em>Évidemment, beaucoup de personnes craignent que les industriels ne s’arrêteront pas avant que chaque homme, chaque femme, chaque enfant consomment leurs médicaments. Dans cette ruée vers l’or pharmaceutique, les psychiatres japonais ne souhaitent pas cette tendance, mais il sera très difficile d’arrêter le changement créé dans la population et la présence médiatique des pharmaceutiques.</p>
<p><strong>Le contrôle</strong></p>
<p>90 % des essais cliniques sont financés par les industries pharmaceutiques! Il serait vain de prétendre que les pharmaceutiques n’essaient pas d’influencer les médecins dans leur choix des médicaments à prescrire à leurs patients. Parce que les médecins se fient beaucoup aux expériences et preuves scientifiques, les industries pharmaceutiques ont le plus grand intérêt à les courtiser et à les convaincre. De nos jours, c’est ainsi, mais dans les années 1980, par exemple, il n’y avait pas ce genre de lien entre les médecins et les pharmaceutiques.</p>
<p>LE MAL DE DOS</p>
<p>M. Antoin0e Videl, membre de la Haute Autorité de la Santé, a vu un spot publicitaire à la télévision concernant le mal de dos. Lui-même souffrant de maux de dos, il s’est intéressé à ce qu’on voulait lui offrir. Il alla sur le site DOS AU MUR pour en vérifier les informations.</p>
<p>On parle de <em>standardite ankylosante. </em>Dans la vidéo, il est expliqué que la personne en souffrant ressent le soir un mal de dos, de la fatigue, et au matin, a du mal à se déverrouiller. M. Videl en entendant ces commentaires se dit que ce sont justement les symptômes dont il souffre. Les symptômes décrits sont en toute sorte assez banals, si bien qu’on appelle ce mal LE MAL DE DOS DES JEUNES!</p>
<p>Sur une vidéo, on voit clairement l’affiche PFIZER/DOS AU MUR, qui montre un médecin parlant de sa société savante et expose que 150 000 personnes sont atteintes par an du mal de dos. M. Videl  poursuit sa recherche, car il vient d’entendre les mots <strong><em>peut être invalidant – </em></strong>ce qui crée la peur chez lui en entendant ces mots. Heureusement, dit le représentant de Pfizer, il existe un traitement. Et bonne nouvelle, le traitement est même remboursé par la Sécurité sociale en France.</p>
<p>On oublie de mentionner les effets secondaires considérables, pas encore analysés par manque de recul, mais qui peuvent avoir des répercussions cardiovasculaires et être un facteur de cancer. M. Videl ajoute que le coût est de 1 880 Euros par traitement! Il a finalement décidé de ne pas prendre le traitement.</p>
<p><strong>Montage volontaire d’une fausse campagne publicitaire sur les flatulences et un médicament pour les traiter</strong></p>
<p>Dans une vidéo, Mme Sandra Van Nuland de l’Institut néerlandais qui s’occupe d’étudier l’impact des pharmaceutiques sur le monde, parle de l’objectif de l’Institut qui est de réduire leur influence afin d’aller vers une prise de médicaments plus rationnelle, car les pharmaceutiques réussissent à faire peur aux gens, ce qui leur permet de vendre facilement leurs médicaments.</p>
<p>Madame Van Nuland s’est amusée. Car elle eu l’idée de monter – du pur bidon – une fausse campagne publicitaire sur les flatulences et les ballonnements! Même sa fille jouera un rôle fictif dans le film. La scène se jouera à l’école où elle a malencontreusement des flatulences pendant le cours, et où elle reçoit ouvertement le rejet de ses compagnes.</p>
<p>Le narrateur de la vidéo dit :  «<em>Une personne sur quatre souffre de flatulences et de ballonnements. Prenez ce médicament pour enrayer vos symptômes.»</em></p>
<p><em> </em>Une jeune femme les bras entourant des ballons court librement dans les champs, heureuse et soulagée, image de libération suite à la prise du médicament proposé.</p>
<p>Mme VanNuland explique que l’équipe a rendu visite aux médecins au cours de la campagne. Ceux-ci ont tous gentiment accepté d’afficher les dépliants sur les flatulences et les ballonnements dans leur bureau ou de les déposer sur des comptoirs de présentation. Aucun n’a posé de questions sur la recherche et le nouveau médicament. Tous ont trouvé que c’était une bonne suggestion d’offrir un tel médicament. La confiance régnait à 100 %, il va sans dire.</p>
<p>Par la suite, l’équipe de travail a communiqué avec les dirigeants des émissions de divertissement et d’informations télédiffusées. L’équipe a demandé s’il était possible de parler de leur produit sur les flatulences. La réponse fut unanime, ce fut OUI.</p>
<p>Entre autres, le film montre un homme qui parle à sa femme le soir avant de se coucher de sa gêne en raison des flatulences qu’il a. Sa femme le comprend, et lui conseille de voir le médecin le plus tôt possible. On voit par la suite le patient dans le cabinet du médecin qui pointe le dépliant sur les flatulences.</p>
<p>Un peu plus, on pourrait en rire! Le ridicule ne tue pas.</p>
<p>POLY-PILULE</p>
<p>Ici, on nage dans la créativité d’une science-fiction, qui je l’espère, ne se réalisera pas.</p>
<p>Le Dr Jeremy Green de l’université Harvard dit que la première fois que la poly-pilule a été annoncée fut en 2003 dans le <em>British Medical Journal. </em>La préface de l’éditeur stipulait que c’était l’article le plus important que le BMJ avait jamais publié. À ce moment, l’idée de la poly-pilule était complètement théorique.</p>
<p>L’auteur de l’article suggérait que plutôt que de tester systématiquement la population pour l’hyper-tension, pour le cholestérol, pour le diabète, pourquoi ne pas tout simplement donner à toute la population au-delà d’un certain âge une seule pilule qui pourrait soigner toutes ces maladies en même temps. Dans sa forme théorique, la poly-pilule comprenait un diurétique, un méta-bloquant, un inhibiteur, de l’acide folique et de l’aspirine. L’idée était de combiner en fonction des bénéfices et des effets secondaires des uns et des autres pour que tout soit bien équilibré.</p>
<p>Et ainsi, affirmait l’auteur, on pourrait diminuer le taux de mortalité des maladies cardio-vasculaires de 88 % tout simplement en prescrivant cette pilule à toute la population de plus de cinquante ans.</p>
<p>Vous serez peut-être étonnés, mais cet article a tout de suite généré un grand enthousiasme. Des centaines de gens ont écrit au journal pour leur confirmer que si une telle pilule existait, ils la prendraient sans aucune hésitation.</p>
<p>Certains suggéraient même une poly-pilule aussi pour la femme pour réduire le risque du cancer du sein et une autre pour l’homme pour contrer la prostate.</p>
<p><strong>La médecine est-elle devenue folle?</strong></p>
<p>Le Dr Jérome Wakefield s’interroge : la médecine est-elle devenue folle? Elle a en tout cas perdu le sens de ce qui est un risque raisonnable.</p>
<p>Il faut se souvenir de la phrase du Dr F. Pinel sur la médecine : «<em>C’est bien de savoir donner un médicament pour traiter, mais c’est un art encore plus grand de savoir quand il ne faut pas en donner.»</em></p>
<p>LES MÉDECINS</p>
<p>Les médecins sont des êtres extraordinaires, ils font un travail remarquable la plupart du temps. Nous ne pouvons pas nous passer d’eux.</p>
<p>Je les admire et les respecte.</p>
<p>Ils sont indispensables dans notre société. Il faut se rappeler toutefois qu’ils sont des êtres humains, et qu’il ne faut surtout pas les déifier, en faire des dieux. Ce sont des êtres humains qui peuvent se tromper.</p>
<p>Il ne faut pas non plus hésiter à demander un deuxième avis et à écouter son intuition. Je crois que la collaboration entre les deux parties est indispensable. Le bon médecin sait écouter sont patient quand il lui décrit ses symptômes, et le bon patient sait écouter consciencieusement les explications médicales de son médecin.</p>
<p>Gardons l&#8217;oeil ouvert!</p>
<p>Carolle Anne Dessureault</p>
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	</item>
		<item>
		<title>LA CRISE ÉCONOMIQUE – LA CHINE – L’AFRIQUE ET L’EUROPE</title>
		<link>http://les7duquebec.com/2012/02/22/la-crise-economique-la-chine-lafrique-et-leurope/</link>
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		<pubDate>Wed, 22 Feb 2012 05:00:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>robertbibeau</dc:creator>
		
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			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="text-decoration:underline;">La semaine dernière</span> nous avons entrepris la publication de cette<strong> étude d’économie politique</strong> <strong>contemporaine</strong> en quatre volets portant sur la crise économique permanente qui frappe le monde contemporain. Nous partons d’une observation élémentaire : en synchronie, <strong>il y a d’un côté</strong> une nation prospère qui s’enrichit en nouvelle Arcadie (la Chine) ; un peuple qui vit dans un pays qui fait crédit et investit. De ce côté-ci <strong>une puissance ascendante qui étend son influence</strong> avec patience et consistance ; exporte ses marchandises et importe des matières premières qu’elle transforme en <span style="text-decoration:underline;">plus-value</span> et qu’elle revend aux plus offrants.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>De l’autre côté</strong> on observe une panoplie de puissances déclinantes, hargneuses et impatientes, qui importent tout ce dont elles ont besoin (ou presque) ; qui réempruntent pour payer l’intérêt de leurs dettes ; qui ne produisent presque plus rien ; des pays soumis à l’inflation lancinante, au chômage endémique, au crime social dépravant, à la révolte véhémente des ouvriers face à la méchanceté vindicative des affidés voués aux gémonies. De ce côté-là manifestation, imprécation et répression des soulèvements populaires contre la vie chère et la misère.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Y a-t-il un rapport entre ces deux mondes en synchronie et quel est-il, voilà notre problématique. <strong>Cette semaine nous allons examiner pourquoi des relocalisations industrielles similaires produisent des résultats opposés selon qu’elles sévissent en Chine ou en Afrique et quel est le rôle des pays impérialistes en déclin (États-Unis – Europe) dans tout ceci</strong> ?</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>LE MODÈLE ÉCONOMIQUE CAPITALISTE COMPRADORE (AFRIQUE)</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La semaine dernière nous avons présenté la montée en puissance de la République populaire de Chine à partir des premiers actes de son industrialisation foudroyante jusqu’à son émergence sur la scène internationale <strong>(1).</strong> La Chine n’est pas une force latente, elle est déjà la première puissance industrielle – le premier pouvoir de l’économie réelle – et en passe de devenir la première puissance de l’économie marchande, spéculative et ‘capitalisante’, qui devrait déloger <strong>sa dernière concurrente</strong> de sa fragile estrade où sa flotte de guerre, son armée de terre et ses dépenses militaires somptuaires la maintiennent encore…précaire (l’Amérique en faillite effectue la moitié des dépenses militaires sur Terre avec de l’argent inexistant, grâce à sa planche à billets inflationniste). La folie guerrière américaine déchainée sous Reagan, amplifiée sous Bush et maintenue sous Obama, tire à sa fin. Un pays capitaliste n’est jamais longtemps plus puissant que son industrie le prétend, comme le Japon et l’Allemagne l’ont appris à leur dépend.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quand les impérialistes américains et européens – trusts industriels, multinationales manufacturières et consortiums financiers – ont commencé à délocaliser leurs usines d’Occident pour s’installer dans des pays de pauvretés aux salaires de misère, sans bénéfices marginaux, sans sécurité sociale, sans charges fiscales, sans normes environnementales, sans sécurité d’emploi et sans sécurité sur les chantiers et en ateliers – <strong>autant de contingences qui ont un coût qui se répercute sur la valeur de la force de travail, sur le prix de revient des produits finis et sur les taux de profit en définitive</strong> –.  Les commis voyageurs de la relocalisation et de la sous-traitance industrielle ont parcouru le Bengladesh, la Corée, le Viet Nam, la Thaïlande, l’Indonésie, Taiwan, le Pakistan, le Sri Lanka, la Chine ainsi que certains pays d’Afrique. Tous ces pays ont « bénéficiés » des investissements « bienfaisants » de l’Occident. <strong>Pourquoi ces investissements n’ont-ils laissés que misère dans nombres d’aires d’Orient et d’Afrique et pourquoi ces placements ont-ils permis à la Chine d’amorcer son « Take off » (décollage) industriel et économique</strong> ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C’est que dans plusieurs de ces pays investis par l’impérialisme occidental la bourgeoisie nationale s’est transformée en <strong>bourgeoisie capitaliste compradore</strong> chargée :</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>A)     </strong><strong>d’administrer les usines</strong> ;  de recruter la main d’œuvre à exploiter dans les « sweat-chop » locales ; de construire les infrastructures portuaires et de transport pour faire sortir soit la matière première brute soit les produits ouvrés à <strong>faible composition organique en capital</strong> (marchandises exigeant un fort apport en capital variable – beaucoup de force de travail – et un faible intrant en capital constant – peu de machinerie) <strong>(2).</strong></p>
<p>B)      <strong>d’assurer le maintien de l’ordre</strong> – la paix sociale – et réprimer dans le sang toute résistance du prolétariat local et des travailleurs en général, qui se rebellent parfois contre leurs conditions d’exploitation infernales.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Parfois, les différentes puissances impérialistes occidentales se disputent le contrôle d’une <strong>faction</strong> ou d’une autre parmi cette bourgeoisie compradore d’où les incessantes révoltes &#8211; « révolutions », guerres carnassières, soulèvements régaliens, tueries tribales (Gbagbo – Ouattara,  Kadhafi – CNT, al-Assad – CNS, Kabila-Tshisekedi, Wade et opposants)  jusqu’à ce que le potentat local gagnant soit celui adouber, qui par la France, qui par le Royaume-Uni, qui par les États-Unis, qui par la Russie, qui par la Chine, qui par l’Iran, etc. <strong>(3).</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour ces multiples services rendus aux puissances étrangères la bourgeoisie mercenaire, larbins politiques et thuriféraires financiers, empochent prébendes, petits bénéfices, commissions illicites et valises de devises… Ces <strong>miettes tirées de la plus-value ouvrière</strong> extraite en néo-colonie ne sont jamais suffisantes pour construire une industrie lourde et une industrie des machines-outils conséquentes, ce que la métropole coloniale n’accepterait pas de toute manière. Si bien que plus de vingt ans après le début des transferts, ces pays ateliers sont toujours aussi déprimés. Pires, les salaires de famine, qui suffisent à peine à subvenir aux besoins élémentaires des familles indigentes, ne permettent même pas de constituer un marché national consistant qui pourrait permettre le développement d’une économie marchande importante sur laquelle les bourgeoises africaines pourraient s’appuyer pour prendre leur décollage économique national. La situation est différente en Amérique du Sud où une puissance impérialiste régionale – le Brésil – est parvenue à amorcer son « démarrage » et aujourd’hui le prolétariat brésilien a l’insigne honneur d’être exploité par la bourgeoisie brésilienne, parlant portugais, et faisant affaire dans le tiers-monde – pauvre parmi les pauvres <strong>(4).</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au début de ce processus de <strong>relocalisation </strong>(1989) et de <strong>sous-traitance industrielle</strong> de grande ampleur, les usines occidentales, relocalisées au Sénégal par exemple, rapatriaient en métropole l’ensemble de la <span style="text-decoration:underline;">plus-value</span> spoliée aux ouvriers sénégalais sous-payés, car en métropole les rendements sur les placements boursiers, sur les prêts aux particuliers, sur les bons du trésor gouvernemental étaient alléchants et donnaient de bons rendement sans risque ni faux fuyant. Nous vivons sous le règne du <strong>capital financier, </strong>il ne faut pas l’oublier, et le capital de risque est sans cesse sollicité pour envahir le champ de la <strong>production industrielle</strong>, ou alors le champ de la <strong>spéculation foncière</strong> (construction<br />
domiciliaire, industrielle, commerciale, gouvernementale et  d’affaires) ou encore le champ de la <strong>spéculation boursière</strong>, du crédit à la consommation et autres formes d’exploitation usuraire. <strong>Le rendement le plus intéressant attire l’investissement (5).</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le « Take off » sénégalais fut donc remis sine die et la bourgeoisie sénégalaise compradore, spoliée de « sa » plus-value ouvrière, demeura enchaînée à « ses » ouvriers trop pauvres pour acheter les produits bon marché fabriqués sur place dans les « sweat chop nationaux ». Impossible dans ces conditions de développer un marché régional pour absorber une production nationale quelconque. Il en est de même pour un pays comme la République du Congo qui voit partir ses métaux précieux non transformés, donc très peu porteurs de <strong><span style="text-decoration:underline;">plus-value</span></strong><span style="text-decoration:underline;"> <strong>ouvrière</strong></span> et sans grande valeur marchande <strong>(6).</strong> Impossible dans ces conditions de développer une industrie lourde congolaise à l’abri de <strong>barrières tarifaires protectrices</strong>. Nous reviendrons plus loin sur ces notions de barrières tarifaires et d’économie post-industrielle <strong>(7).</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LE MODÈLE D’ÉCONOMIE CAPITALISTE CHINOIS</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La République populaire de Chine en décida autrement et la bourgeoisie nationaliste chinoise, s’appuyant sur <strong>le plein contrôle de son appareil d’État,</strong> imposa <strong>cinq règles de base aux capitalistes occidentaux</strong>, japonais, taiwanais et coréens qui souhaitaient relocaliser leurs usines  en Chine <strong>(8).</strong> Ces cinq règles visent toutes à conserver sur place le « <span style="text-decoration:underline;">patrimoine de plus-value</span> nationale ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Premièrement</strong>, la plupart des entreprise étrangères souhaitant se relocaliser ou sous-traiter en Chine doivent établir un partenariat avec une firme chinoise qui règle générale possède la majorité du capital-actions de l’entreprise en copropriété. Ceci assure que la majorité de la <span style="text-decoration:underline;">plus-value absolue</span> produite dans cette entreprise restera propriété des chinois, base de leur capitalisation et du développement des grands conglomérats qui aujourd’hui menacent les entreprises occidentales.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Deuxièmement</strong>, une entreprise qui s’installe en Chine doit assurer un transfert technologique source de <span style="text-decoration:underline;">plus-value relative</span> (gain de productivité).</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Troisièmement</strong>, une entreprise est invitée à introduire en Chine ses ingénieurs et ses ouvriers spécialisés mais elle doit aussi embaucher des ingénieurs et des ouvriers spécialisés chinois. La société <strong>Bombardier</strong> a décroché un contrat de fabrication de fuselage d’avion en Chine. Aujourd’hui, la société chinoise <strong><em>COMAC</em></strong> produit et commercialise l’aéronef <strong>ARJ-21</strong> concurrent de la <strong>série C de Bombardier</strong>, présentant un merveilleux fuselage très aérodynamique. Voilà comment la Chine récupère la <span style="text-decoration:underline;">plus-value relative</span>  (ingénierie) produite par « son » prolétariat national.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Quatrièmement</strong>, certains secteurs industriels sont exclus des investissements étrangers importants. Ce sont les secteurs des ressources naturelles (mines, forêts, agriculture, pêches et énergie) ; la Chine ne souhaite pas devenir un fournisseur de matières premières non ouvrées – comme les pays dépendants d’Afrique le sont devenus – et voir la <span style="text-decoration:underline;">plus-value absolue</span> de « ses » ouvriers  s’envoler vers les paradis fiscaux « Off –shore ». Les secteurs de l’armement militaire et de l’aérospatial sont exclus des investissements étrangers pour des raisons évidentes. Les secteurs de l’industrie lourde tels fonderies, aciéries, alumineries, chantiers navals, base stratégique du développement économique en régime capitaliste ne sont pas ouverts au partenariat. <strong>Ce ne sont pas les services, l’« industrie du savoir » (sic), la consommation et le commerce, la finance et la bourse qui assurent le développement d’une économie impérialiste comme l’a prouvé le développement américain le siècle précédent et comme le prouve le développement chinois présent ; ce sont l’industrie lourde et l’industrie des machines-outils (production des moyens de production).</strong> C’est d’ailleurs ce qui explique la puissance industrielle, économique et financière exceptionnelle de l’Allemagne dans l’Union européenne. La Chine le sait et elle se réserve ces secteurs industriels.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Cinquièmement</strong>, toute entreprise implantée en Chine doit payer taxes, impôts et redevances  selon les lois en vigueur dans le pays ce qui assure une source d’accumulation de <span style="text-decoration:underline;">plus-value</span> que l’État capitaliste monopoliste chinois utilise ensuite pour assurer la construction des infrastructures d’exploitation (routes, ports, barrages, canaux, aéroports, etc.).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Enfin, la <strong>hausse régulière du salaire minimum et le rehaussement contrôlé de la valeur du Yuan</strong> (monnaie nationale) assurent la croissance du marché national, assise définitive du développement impérialiste chinois qui tente présentement de se libérer de sa dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs états-unien et européen.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La Chine utilise sa monnaie (le yuan) comme entrave à l’importation – <strong>barrière tarifaire et mur anti-dumping qui ne dit pas son nom</strong> –. La valeur du Yuan est maintenue artificiellement basse ce qui rend les produits importés très coûteux pour les chinois continentaux et décourage leur commercialisation. Cette politique protectionniste a un coût cependant : 1) le niveau de vie des chinois est maintenu artificiellement bas et ; 2) les prix des matières premières importées dont est si gourmande l’industrie chinoise sont élevés. Enfin, dernière conséquence de cette politique volontariste c’est que la valeur du yuan ne peut que s’élever avec le temps, si bien que chaque épargnant chinois – et ils sont nombreux parait-il – verra ses économies s’apprécier avec les années. Achetez du yuan si vous le pouvez.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIBRE-ÉCHANGE ET ÉCONOMIE DE SERVICES « POST-INDUSTRIEL »</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Des tas d’économistes vulgaires, engoncés dans leur science économique pré scientifique, nous songeons à l’ex-premier ministre Bernard Landry et ses forfanteries, à Jacques Delors ex-ministre des finances de France, à Jacques Attali qui prédit tout et sa contre-partie, à Michel Rocard, chantre de l’Euro, et à DSK, économiste sans pantalon de triste renom, tous ces laudataires battent la chamade pour expliquer aux prolétaires que l’avenir appartient au libre-échange, à l’« industrie du savoir » (sic), à l’économie des services post-industriels, à la spéculation boursière et aux banques ; que s’endetter c’est s’enrichir ; que les barrières tarifaires entravent le commerce et la richesse… Fadaises redondantes que certains colportaient dans les colloques jusqu’à ce jour du 21 janvier 2008, jour où leur univers « post-industriel » s’écroula ; s’effondra la vacuité de ces billevesées pseudos scientifiques et ne demeura qu’un vaste gouffre financier où disparurent des milliards de chiffons – des actions, des obligations, des hypothèques et des produits dérivés, du papier sans valeur en définitive. Ne subsistèrent que des usines vidées – des forces productives industrielles sous utilisées et des ouvriers, l’armée de réserve des chômeurs et des assistés désœuvrés – inutilisée et sans valeur marchande.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les ouvriers savent déjà que plus ils s’endettent moins ils sont riches et que plus ils travaillent moins ils gagnent et que plus se déprécie leur valeur d’échange et plus s’affaisse le prix de leur survie. Mais ils n’ont aucune prise sur le monde de la finance, ni sur les mécanismes de l’échange, ni sur la propriété privée des moyens de production source de toutes leurs souffrances. Les travailleurs savent, ces damnés de la terre qui vitupèrent, que la démocratie des riches n’est qu’éphémère panacée manigancée par ceux qui ont le fric pour diriger le baudrier électoral.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>QU’EN EST-IL DE CETTE CRISE INTERMINABLE ?</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le modèle d’exploitation impérialiste du tiers-monde fonctionnait pourtant,  et l’accaparement de la <strong><span style="text-decoration:underline;">plus-value</span> métropolitaine</strong>, et la récupération de la <strong>plus-value</strong> lointaine (néocoloniale) permettaient de compenser les pertes d’emplois productifs suite aux délocalisations industrielles. En « mère-patrie » les emplois se multipliaient dans le <strong>tertiaire prometteur</strong>, ingénieur, administrateur, superviseur, vendeur, revendeur, grossiste, détaillant, décorateur, dessinateur, informaticien, designer, publicitaire, styliste, modiste, photographe, bookmaker,  artiste, infirmière, enseignant, serveur, maître d’hôtel, femme de chambre, plongeur et tutti quanti, des milliers de métiers différents laissant subodorer que les <strong>bases de l’économie capitaliste avaient changé et que maintenant il n’était plus nécessaire de produire des biens tangibles</strong>, des produits, des marchandises sonnantes et trébuchantes mais qu’il suffisait de les vendre, de les « monnayer » sur les marchés et de faire du profit avec du vent, en spéculant.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En pays impérialistes comme le Canada, la France, les États-Unis, entre 75 % et 78 % de la main d’œuvre active s’active dans le tertiaire et le <strong>quaternaire parasitaire</strong> à des métiers variés mais qui ne produisent aucune <span style="text-decoration:underline;">plus-value</span>. <strong>Ces gens dépensent la <span style="text-decoration:underline;">plus-value</span> produite par les 25 pour cent restants de la main d’œuvre œuvrant dans les usines du secteur secondaire et dans les mines, la forêt, la mer et la terre du secteur primaire</strong> les bases fondamentales de la richesse sociale.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« La plus-value produite par la classe ouvrière ne reste pas tout entière entre les mains des capitalistes exploitant directement les ouvriers dans le procès de production : une partie de cette plus-value passe aux commerçants sous forme de profit commercial, une autre passe aux banquiers sous forme d’intérêts, une autre va dans la poche des propriétaires fonciers sous forme de rente foncière (loyer et hypothèque NDLR) et le reste constitue le profit de l’industriel. La plus-value se divise en plusieurs parties et affecte plusieurs formes : profit (industriel et commercial.) intérêts et rentes. » <strong>(9)</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’investissement en capital<strong> ce n’est finalement que de la plus-value ouvrière spoliée et cristallisée, morte</strong>, que le travail ouvrier fait revivre pour produire de la nouvelle <span style="text-decoration:underline;">plus-value</span> vivante à spolier à nouveau, et à redistribuer à nouveau dans les différentes branches de l’économie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LE CRASH BOURSIER DE JANVIER 2008</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Revenons au crash boursier survenu en janvier 2008. Tant que les cartels internationaux rapatriaient leurs dividendes (<strong><span style="text-decoration:underline;">plus-value</span> cristallisée</strong>) en métropole (France, États-Unis, Allemagne, Italie, Canada, etc.), l’afflux de capitaux – taxes et impôts sur les bénéfices aidant ; emplois tertiaires étant – l’économie-de-service-et-du-savoir-post-industrielle donnait l’impression de fonctionner normalement, les milliardaires étaient toujours plus milliardaires et toute une couche de petit-bourgeois vivait de la <span style="text-decoration:underline;">plus-value</span> redistribuée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un jour vint toutefois où de plus en plus d’entreprises impérialistes occidentales détournèrent une large partie de leurs bénéfices provenant d’outre-mer vers des paradis fiscaux « Off-shore » sans droits ni lois. <strong>La moitié des flux financiers internationaux transitent ainsi par ces paradis fiscaux non assujettis aux lois ni au fisc</strong>.  C’est que pour le capitaliste il n’est plus financièrement intéressant de ramener la <span style="text-decoration:underline;">plus-value</span> (sous forme de capital financier) dans les pays endettés d’Europe et d’Amérique et de convertir leurs deniers en dollars ou en euros dévalués. Un premier ministre canadien, donnant l’exemple à ses concitoyens, avait inscrit sa flotte de transport maritime à ce régime fiscal amaigrissant aux Iles Caïmans.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Qui plus est, les capitalistes commencèrent à rechigner à payer taxes, droits, redevances et impôts sur l’autre moitié de la <span style="text-decoration:underline;">plus-value</span> non encore détournée.  Qu’à cela ne tienne, Ronald Reagan, Margaret Thatcher, Bush, Sarkozy et Harper, suivis de tous les politiciens poltrons des environs firent amende honorable, et s’amorça une vague de cadeaux fiscaux pour riches aigris sous prétexte de libérer le crédit afin de créer des emplois, que l’on cherche encore de surcroit.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les emplois industriels producteurs de <span style="text-decoration:underline;">plus-value</span> continuent d’être délocalisés vers les pays de misère et les travailleurs des pays impérialistes en déclin continuent d’aller grossir les rangs de l’armée de réserve des chômeurs et des assistés, si bien qu’au lieu de rapporter des impôts et des taxes ces ex-travailleurs coûtent à la collectivité alors que les riches menacent de fuir le pays si on leur retire le pont d’or fiscal qu’ils se sont octroyé. C’est ainsi que l’on construit des budgets toujours plus profondément déficitaires.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’État d’une puissance en déclin est confronté à un dilemme cornélien : les riches ne veulent pas payer ; les ouvriers ne peuvent pas payer ; la plus-value importée s’est éclipsée ; les dépenses gouvernementales sont incontrôlées ; les dépenses militaires se font somptuaires pour réprimer ; les emprunts pharaoniques sont contractés à des taux léonins et  l’usurier financier  attend sa proie dans l’antichambre de l’Élysée, de la Maison Blanche et du 10 Downing Street  muni d’une offre que le politicien bourgeois ne peut refuser, comment échapper à sa destinée ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Comme si ce drame épique d’un monde en déclin ne suffisait pas, voici s’avancer la super puissance industrielle et commerciale des Hans, d’une ampleur et d’une vigueur que vous ne pouvez soupçonner. Un milliard d’ouvriers à exploiter grâce aux technologies les plus sophistiquées jamais imaginées. « Quand la Chine s’éveillera le monde tremblera » écrivait le romancier.  Le dragon est déjà éveillé et il brasse les cartes et refait la donne sur l’ensemble de l’échiquier. Ce n’est pas l’incident du onze septembre 2001 qui a chamboulé le monde c’est le rugissement du dragon qui redéfinit l’équilibre industriel, économique, politique et financier.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le diable de la finance, à qui l’État capitaliste a vendu son âme, attend à la porte du parlement, de la Chambre des représentants le kilogramme de chair qu’on lui a promis contre un instant de de survie… l’heure avance et il s’impatiente…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>LA SEMAINE PROCHAINE : <strong>PEUT-ON RÉINDUSTRIALISER L’AMÉRIQUE  ET L’EUROPE !</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<div>
<p>______________________________________</p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>(1)    <a href="http://www.legrandsoir.info/la-chine-puissance-imperialiste-triomphante.html">http://www.legrandsoir.info/la-chine-puissance-imperialiste-triomphante.html</a></p>
<p>(2)    Le <strong>capital constant </strong>est représenté par la valeur des moyens de production (bâtiments, machines, matières premières, énergie, etc.) qui n’est que de <span style="text-decoration:underline;">la plus-value cristallisée</span> et réinjectée dans le processus de production de plus-value. Le <strong>capital variable</strong> est la valeur de la force de travail engagée dans une usine (que les économistes bourgeois appellent le salaire et les bénéfices marginaux) mise en jeu dans la production de la <span style="text-decoration:underline;">plus-value élargie</span> de cette entreprise. La <strong>composition organique du capital</strong> est le rapport entre ces deux composantes. Une manufacture fabriquant des chemises nécessitera beaucoup de main d’œuvre (capital variable) et produira beaucoup de <span style="text-decoration:underline;">plus-value absolue</span> alors qu’une aluminerie entièrement mécanisée (à fort capital constant -  ces machines-outils coûtant très cher) produira plus de <span style="text-decoration:underline;">plus-value relative</span> et aura une forte <strong>composition organique en capital</strong>.  <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Plus-value_%28marxisme%29">http://fr.wikipedia.org/wiki/Plus-value_%28marxisme%29</a></p>
<p>(3)    La plupart des bourgeoisies compradores africaines n’ont jamais véritablement contrôlé  l’appareil d’État, ni les leviers financiers fondamentaux. Qu’il suffise de rappeler que quatorze pays de la zone Francafrique utilisent le Franc CFA, assujettis à l’Euro, une monnaie gérée, administrée et contrôlée par la Banque de France. Des bases militaires étrangères quadrillent toute l’Afrique. Aucune base militaire étrangère n’occupe le sol de la Chine continentale.  <a href="http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article5453">http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article5453</a></p>
<p>(4)    Quelques états comme Taiwan, la Corée du Sud et la République Sud-africaine sont parvenues à tirer leur épingle du jeu.</p>
<p>(5)    La démonstration vaut pour la France, le Royaume-Uni, le Canada, l’Allemagne ou pour d’autres pays impérialistes.</p>
<p>(6)    « Quelle est l&#8217;origine de cette <span style="text-decoration:underline;">plus-value</span> ? Elle ne peut ni venir du fait que l&#8217;acheteur a acheté les marchandises au-dessous de la valeur, ni du fait que le vendeur les a revendues au-dessus de la valeur. Car, dans les deux cas, les gains et les pertes de chaque individu se compensent, puisque chacun est tour à tour acheteur et vendeur. Elle ne peut provenir non plus du vol, puisque le vol peut sans doute enrichir l&#8217;un aux dépens de l&#8217;autre, mais il ne peut pas augmenter la somme totale possédée par l&#8217;un et l&#8217;autre, non plus, par conséquent, que la somme des valeurs circulantes en général. »  <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Plus-value_%28marxisme%29">http://fr.wikipedia.org/wiki/Plus-value_%28marxisme%29</a></p>
<p>(7)    <a href="http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/libre-echange-et-mondialisation-108283">http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/libre-echange-et-mondialisation-108283</a></p>
<p>(8)    Vincent Gouysse. Le réveil du dragon. Septembre 2010. <a href="http://www.marxisme.fr/">www.marxisme.fr</a></p>
<p>(9)    L. Ségal. <em>Principes d’économie politique</em>. Éditions sociales internationales. 1936. P. 54.</p>
<p><a href="http://www.marxisme.fr/">http://www.marxisme.fr</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/les7duquebec.wordpress.com/15881/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/les7duquebec.wordpress.com/15881/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/les7duquebec.wordpress.com/15881/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/les7duquebec.wordpress.com/15881/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/les7duquebec.wordpress.com/15881/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/les7duquebec.wordpress.com/15881/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/les7duquebec.wordpress.com/15881/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/les7duquebec.wordpress.com/15881/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/les7duquebec.wordpress.com/15881/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/les7duquebec.wordpress.com/15881/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/les7duquebec.wordpress.com/15881/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/les7duquebec.wordpress.com/15881/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/les7duquebec.wordpress.com/15881/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/les7duquebec.wordpress.com/15881/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=les7duquebec.com&amp;blog=4489966&amp;post=15881&amp;subd=les7duquebec&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Les petits secrets du commerce des fourrures!!!</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Feb 2012 05:00:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lartiste12</dc:creator>
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		<category><![CDATA[André Lefebvre]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Les petits secrets du commerce des fourrures. Nous savons tous que la France s’intéresse au Canada exclusivement à cause de la traite des fourrures.  Par conséquent, l’appui à la colonisation est des plus superficiels. Cet état de fait oblige &#8230; <a href="http://les7duquebec.com/2012/02/21/les-petits-secrets-du-commerce-des-fourrures/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=les7duquebec.com&amp;blog=4489966&amp;post=15346&amp;subd=les7duquebec&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="text-decoration:underline;">Les petits secrets du commerce des fourrures.</span></strong></p>
<p><a href="http://les7duquebec.com/2012/02/21/les-petits-secrets-du-commerce-des-fourrures/capturepel-2/" rel="attachment wp-att-15350"><img class="aligncenter size-full wp-image-15350" title="Capturepel" src="http://les7duquebec.files.wordpress.com/2012/01/capturepel1.png?w=500&#038;h=310" alt="" width="500" height="310" /></a></p>
<p>Nous savons tous que la France s’intéresse au Canada exclusivement à cause de la traite des fourrures.  Par conséquent, l’appui à la colonisation est des plus superficiels. Cet état de fait oblige les colons, qui ne s’agrippent pas aux jupes des autorités sur place, à survivre de leurs propres moyens.</p>
<p>S’installe donc, au Canada, deux systèmes de traite des fourrures qui opèrent en parallèle. L’un fournit les profits visés par la royauté et la compagnie française, et l’autre permet la survie des colons canayens.</p>
<p>Pour comprendre les deux systèmes de traite, on doit considérer le réseau hydrographique de la Nouvelle France, seul moyen d’accès vers l’intérieur des terres.</p>
<p>La principale partie de ce réseau hydrographique, se centralise à Montréal. Le fleuve St-Laurent vers les grands lacs, la rivière Outaouais vers le nord-ouest et la rivière Richelieu vers le lac Champlain. Cette partie du réseau servira principalement à la traite « officielle »  opérée par les autorités à partir de Lachine. Mais elle ne sera pas du tout « boudée » par les « entrepreneurs privés » que sont les « coureurs de bois » qui, simplement, ne feront que passer devant Lachine sans s’y arrêter pour remonter le St-Laurent. Ils passeront également par la rivière des prairies ou celle des Mille îles pour se rendre à la rivière Outaouais.</p>
<p>Une autre partie du réseau consiste en toutes les rivières de la côte nord du St-Laurent qui se jettent dans le fleuve. C&#8217;est-à-dire, entre autres, le Saguenay, la Batiscan et la St-Maurice; où la traite des fourrures est très active jusqu’en 1780. Cette partie du réseau se retrouve aux mains des colons qui font tous leurs achats en « peaux de castor ». D’ailleurs, au début et pour assez longtemps, la traite se fait principalement autour du lac St-Pierre, face à toute la région du sud de Trois-Rivières.</p>
<p>Ce dernier réseau de traite ne sera jamais vraiment inquiété par les autorités puisqu’il permet aux colons de survivre. Celles-ci se contenteront d’essayer d’enrayer la compétition des coureurs de bois qui, eux, se rendent partout en Amérique du Nord, bien avant les « explorateurs » officiels. En quelque sorte, la traite officielle s’accapare constamment des régions déjà « occupées commercialement » par les « entrepreneurs privés ». C’est d’ailleurs pourquoi les autorités demandent toujours l’aide des coureurs de bois pour les guider dans leurs explorations. Même La Vérendrye n’osera pas prendre la chance de se priver de leur aide.</p>
<p>Cette tentative d’enrayer le commerce des « coureurs de bois » fera que ceux-ci, au lieu de vendre leurs pelleteries à Montréal, iront les vendre à New York, Boston et Albany, avec un profit quatre fois supérieur. Ils passent par le Richelieu qui peut difficilement être contrôlé à partir de Montréal ou Québec. À cause de ces prix avantageux, les « coureurs de bois » ne sont pas obligés de remplir plusieurs canots de marchandises pour faire la traite efficacement. Quelques barils de clous, quelques douzaines de « pierres à battre feu », quelques haches, couteaux, barils de poudre noire et balles de plomb, sont suffisants pour justifier pleinement leur voyage. D’autant plus qu’au niveau de la qualité, il n’y a que la « poudre à fusil » venant de France qui est un produit supérieur à celui des Anglais. Pour le reste, les produits anglais sont préférés. Par exemple, il existe sur le marché, une couverture française qui résiste beaucoup moins longtemps que la couverture anglaise qui, elle, se vend deux fois moins cher. C’est pour ces raisons, qu’il y aura toujours de la contrebande entre la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre.</p>
<p>Ceci dit, le réseau officiel de la traite des fourrures est sujet à beaucoup de disputes et de « coups fourrés » de la part des représentants envoyés de France pour « administrer » la colonie. Il est facile de comprendre que leurs intérêts personnels se confrontent constamment. Le malheur est que certains « Canayens », ayant réussit à se tailler une place dans la traite officielle, seront toujours spoliés de leur profits par les autorités en place. Très peu s’en tireront avec les honneurs. Nous y reviendrons bientôt.</p>
<p>Nous avons tous l’impression que ce sont les Français, venus  au Canada, qui apprirent « le commerce » aux amérindiens,  établissant ainsi un certain élan « civilisateur ». C’est définitivement, une très fausse impression. Un réseau de commerce existait depuis des millénaires chez nos amérindiens supposément « non civilisés ».</p>
<p>Il est évident pour tous, que chacune des régions habitées par les « sauvages » possède sa particularité au niveau des moyens de subsistance. De sorte que, les Abénakis échangent du gibier, du poisson, des paniers tressés et parfois des canots avec les Iroquois qui eux, fournissent divers produits végétaux. Hé oui, les Iroquois font beaucoup d’agriculture parce que leur territoire s’y prête merveilleusement. Ils échangent leurs produits agricoles également avec les Algonquins de Virginie. Ceux-ci échangent des herbes médicinales nombreuses dans le sud du continent. Ils commercent avec les Neutres  et les Iroquois. Les Ojibways des Grands Lacs troquent leur minerai de cuivre avec les Algonquins. Les Micmacs fournissent la nacre à plusieurs tribus pour faire les wampums tellement précieux et indispensables. Les Naskapis échangent l’écorce de bouleau même avec les Inuits contre des peaux de phoques. Tous ces produits voyagent parmi toutes les nations amérindiennes à travers tout le continent au moyen d’un système de troc très bien structuré.  Les Français n’ont fait qu’introduire leurs gros sabots dans ce réseau d’échange. C’est ce qui se produit, lorsque Champlain se permet de combattre les Iroquois avec ses Algonquins. Il déstabilise tout le réseau commercial sans le savoir, et se concède la haine des Iroquois pour des décennies à venir, parce que ceux-ci risquent de perdre leur position dans la chaine du réseau. D’un autre côté, les « coureurs de bois » respecteront toujours ce réseau de traite en s’y introduisant sans lui nuire, tout en l’enrichissant de nouveaux produits. C’est encore une autre raison de l’amitié développée entre eux et les autochtones.</p>
<p>La traite officielle se fait à Montréal. Théoriquement, tous les habitants peuvent commercer avec les indiens qui y apportent leurs fourrures. Mais rapidement, on installe un endroit particulier où se déroule « la foire de Montréal ». Évidemment, les autorités s’installent aux meilleurs endroits et s’approprient des meilleures fourrures. Vous l’aurez certainement deviné, la méthode pour obtenir un bon emplacement est de recourir au bon vieux « pot de vin ». Et qui dit « pot de vin » dit : déboursé d’argent. Mais pour ce faire, il faut en avoir sous la main. Ce que l’habitant ordinaire n’a pas.</p>
<p>Le gouverneur de Montréal, François Perrot, ira jusqu’à  obliger ses soldats à amener les amérindiens à sa boutique et à son magasin ouvert. Il place un garde au seul pont d’accès du terrain, ayant ordre de ne laisser passer que ses amis et ses domestiques. Les habitants de Montréal devront se contenter des restes. Le gouverneur Perrot est tellement radin que les Sulpiciens nous racontent :</p>
<p><a href="http://les7duquebec.com/2012/02/21/les-petits-secrets-du-commerce-des-fourrures/captureper/" rel="attachment wp-att-15369"><img class="aligncenter size-full wp-image-15369" title="Captureper" src="http://les7duquebec.files.wordpress.com/2012/02/captureper.png?w=500&#038;h=91" alt="" width="500" height="91" /></a></p>
<p>Il est maintenant le temps de voir les démêlés subis par l’un de nos grands marchands français devenu « canayen » très jeune :</p>
<p>En 1685 décède Charles Le Moyne de Longueuil</p>
<p><a href="http://les7duquebec.com/2012/02/21/les-petits-secrets-du-commerce-des-fourrures/capturecha/" rel="attachment wp-att-15355"><img class="aligncenter size-full wp-image-15355" title="Capturecha" src="http://les7duquebec.files.wordpress.com/2012/01/capturecha.png?w=500&#038;h=477" alt="" width="500" height="477" /></a></p>
<p>Charles arrive au Canada en 1641 âgé de 15 ans. Il vient de Dieppe en Normandie. Pendant quatre ans, il se « donne » aux Jésuites en Huronnie où il côtoie les amérindiens et apprend les langues indiennes. Il devient alors « Canayens » comme tous les autres qui ont vécu la même expérience que lui auparavant. Par contre, contrairement aux autres, il ne laissera pas tomber  ce désir de devenir prospère pour faire sa marque dans la société canayenne de l’époque. Cette particularité est probablement due au fait qu’il n’a jamais vécu seul parmi les Amérindiens, étant toujours en présence de missionnaires. Il n’a pas pu découvrir que la richesse n’est pas du tout un critère raisonnable pour être heureux et « libre ». En fait, il semble qu’il n’ait pas goûté à cette liberté aussi intensément que la majorité des autres « coureurs de bois ». Il n’est pas vraiment devenu un homme « libre de tout attachement » aux autorités.</p>
<p>Pour expliquer ce sentiment de liberté enseigné par les sauvages, il faut connaître l’opinion qu’un Amérindien à de lui-même. On la retrouve dans une lettre d’Alexis de Tocqueville vers 1831 (remarquez que ce texte date de près de cent ans après l’époque de Charles Le Moyne et que l’opinion des Amérindiens est toujours la même) :</p>
<p>« <em>Ce sont de singuliers personnages que ces Indiens! Ils s&#8217;imaginent que quand un homme a une couverture pour se couvrir, des armes pour tuer du gibier et un beau ciel sur la tête, il n&#8217;a rien à demander de plus à la fortune. Tout ce qui tient aux recherches de notre civilisation, ils le méprisent profondément. Il est absolument impossible de les plier aux moindres de nos usages. Ce sont les êtres les plus orgueilleux de la création : ils sourient de pitié en voyant le soin que nous prenons de nous garantir de la fatigue et du mauvais temps; et il n&#8217;y en a pas un seul d&#8217;entre eux qui, roulé dans sa couverture au pied d&#8217;un arbre, ne se croie supérieur au président des États-Unis et au gouverneur du Canada. De tout mon attirail européen ils n&#8217;enviaient que mon fusil à deux coups; mais cette arme faisait sur leur esprit le même effet que le système pénitentiaire sur celui des Américains. Je me rappelle entre autres un vieux chef que nous rencontrâmes sur les bords du lac Supérieur, assis près de son feu dans l&#8217;immobilité qui convient à un homme de son rang. Je m&#8217;établis à côté de lui, et nous causâmes amicalement à l&#8217;aide d&#8217;un Canadien-français qui nous servait d&#8217;interprète. Il examina mon fusil, et remarqua qu&#8217;il n&#8217;était pas fait comme le sien. Je lui dis alors que mon fusil ne craignait pas la pluie et pouvait partir dans l’eau; il refusa de me croire, mais je le tirai devant lui après l&#8217;avoir trempé dans un ruisseau qui était près de là. A cette vue, l&#8217;Indien témoigna l&#8217;admiration la plus profonde; il examina de nouveau l&#8217;arme, et me la rendit en disant avec emphase: « Les pères des Canadiens sont de grands guerriers! » (…)</em></p>
<p>Sous cet « apprentissage » des amérindien, il est plus facile de comprendre le  coureur de bois « Canayen » qui ne se sent pas concerné par les décisions des autorités. Il regarde la politique comme insignifiante face à ses décisions personnelles, et il continue de faire comme il l’entend malgré tout ce qui est décidé autour de lui. Il ne se rebelle pas puisque cela ne le regarde pas; jusqu’à ce que l’on touche à sa famille ou à sa terre. Alors là…</p>
<p>En 1645, Charles Le Moyne est soldat à la garnison de Trois-Rivières et commis en qualité d’interprète. Il est donc déjà un « coureur de bois » amis de d’autres « coureurs de bois ». Cela lui profitera énormément. L’année suivante, il s’installe à Montréal comme l’un des chefs militaire du village avec Pierre Picoté de Bellestre. Ces deux « canayens » sont en constante escarmouche avec les Iroquois de 1648 à 1666 et un livre ne suffirait pas à raconter leurs faits d’armes. Ils seront de tous les combats et seront reconnus pour leur courage et leur adresse.</p>
<p>En 1654 Charles Le Moyne reçoit de Chomedey de Maisonneuve une concession de terre appelée aujourd’hui : Pointe St-Charles. Il reçoit également un emplacement « en ville » rue St-Paul. Il y résidera pendant 30 ans. Cette même année, il épouse Catherine Thierry, fille adoptive d’Antoine Primot et de Martine Tessier. Ils eurent deux filles et douze fils, presque tous célèbres dont l’un, et non le moindre, Pierre Le Moyne d’Iberville.</p>
<p>En 1657 la famille Lauzon lui octroie un fief sur la rive sud de Montréal et en 1673 il reçoit une autre concession à Chateauguay. C’est en 1676 qu’il réunit tous ses fiefs de la rive sud sous le nom de Longueuil. Son nom est maintenant Charles Le Moyne de Longueuil et de Chateauguay. Entretemps, associé à son beau-frère Jacques Le Ber, il devient un marchand de fourrures de plus en plus important de Montréal.</p>
<p>En 1679 il achète le fief Boisbriand appelé Senneville avec Jacques Le Ber. Ils sont associés depuis 1658 date où Le Ber épouse Jeanne Le Moyne, sœur de Charles.</p>
<p>En 1684 il achète le fief de l’île Perrot du Gouverneur dont on a parlé plus haut.</p>
<p>Il va sans dire que tous ces achats de propriétés ne sont pas sans de bonnes raisons ayant trait au commerce de fourrures.</p>
<p>Nous avons vu que le gouverneur Perrot s’appropriait des meilleures places lors de « la foire de Montréal ». Qu’à cela ne tienne, Lemoyne et son beau-frère Le Ber achètent le fief de Senneville, parce qu’il se situe au bout de l’île, sur la route que doivent prendre les amérindiens venants de l’Outaouais, pour se rendre à Montréal. Le gouverneur Perrot peut toujours attendre à Montréal, ce sera à son tour d’avoir les restes.</p>
<p>Perrot cependant possède l’île Perrot qui précède Senneville sur le trajet des indiens. Il y installe donc un poste de traite, en réplique à la tactique de Le Moyne et Le Ber. En 1684, Le Moyne achète également cette propriété de François Perrot, démis de ses fonctions en 1683, pour s’assurer qu’aucun autre marchand ne s’installera à cet endroit avantageux.</p>
<p>Mais le gouverneur Perrot n’est pas le seul « ennemi commercial » des deux beaux-frères. Il y en a un autre très important, appelé le Gouverneur Buade de Frontenac. Comme on peut s’en rendre compte, les marchands « canayens » doivent se frotter à de grosses légumes s’ils veulent une chance de prospérer.</p>
<p>La concurrence de Frontenac avec Le Moyne et Le Ber, date de 1675. L’année précédente, Buade de Frontenac avait donné un bail aux deux Beaux-frères pour le fort Frontenac; mais l’année suivante, il transfère le bail à Cavelier de La Salle qui s’est rendu jusqu’en France et fait jouer ses &#8220;contacts&#8221; pour l’obtenir. Le Ber qui avait toujours été dévoué à Frontenac, en devient l’ennemi juré. Ils organisent un réseau rival de commerce avec La Chesnaye et Philippe Gaultier de Comporté qui, eux aussi, avaient subis la « politique » de Frontenac. Le groupe deviendra très prospère. Ils seront actionnaires de la compagnie de la baie du Nord en 1682,  avec laquelle Radisson et Desgroseillers auront des problèmes à cause du gouvernement français qui se dit alors, « amis des Anglais ».</p>
<p>Charles Le Moyne de Longueil et Jacques Le Ber seront presque les seuls « Canayens » qui réussiront à se sortir avec succès, de toute cette concurrence déloyale qui contrôlait la traite des fourrures à l’époque de la Nouvelle-France. Les quelques autres y parviendront plus tard, parce que celle-ci passera sous le contrôle de l’Angleterre en 1760 et qu’il n’y a pas d’autres moyens, pour les Anglais, d’approcher les Amérindiens qu’en étant accompagné par des « Canayens ».</p>
<p>Par contre, le colon canayen « coureur de bois » gardera toujours le contrôle de sa partie de ce commerce, même très au-delà de la conquête et même au-delà de la révolution américaine. Il n’en parle pas et se contente de s’installer partout en Amérique du Nord.</p>
<p>Je connais personnellement un trappeur à &#8220;temps partiel&#8221; qui fait encore ce commerce pour arrondir ses fin de mois, tout autant que par plaisir de la vie en forêt. Il habite St-Hyacinthe dans une très belle maison d&#8217;un centre domiciliaire. Il ne parle de sa &#8220;passion&#8221; qu&#8217;avec sa famille et encore, sans insister. Il vit &#8220;sa vie&#8221; et ses fils développent le même intérêt sans se faire remarquer. En plus, ils ont chacun leur petite entreprise privée, à laquelle ils travaillent la majorité de l&#8217;année. Ils gardent, encore aujourd&#8217;hui, ce caractère &#8220;indépendant&#8221; qui leur vient de leurs ancêtres.</p>
<p>Si Napoléon n’avait pas vendu la Louisiane aux USA pour 15 millions, cette puissance internationale n’existeraient probablement pas aujourd’hui; et le Canada serait un « croissant fertile » s’étendant de Québec à la ville de Nouvelle Orléans. Il est également plus que probable que les Amérindiens n’auraient pas subi le génocide qui les ont disséminés.</p>
<p>Il devient difficile de dire que la France eut un impact positif sur l’Amérique du Nord. Malheureusement, l’impact des Canayens ne s’est manifesté qu’au niveau de l’ouverture du territoire sans aucune emprise sur la politique Nord-Américaine. En y regardant d’un peu plus près, on se rend compte que cette politique Nord-Américaine fut très influencée par la Franc-maçonnerie anglaise impliquée dans le commerce international un peu avant l’époque de la conquête. Cette influence se fit sentir tout autant au Canada qu’aux USA.</p>
<p>Mais là, c’est un autre sujet en parallèle, sur lequel je reviendrai peut-être un jour.</p>
<p>Amicalement</p>
<p>André Lefebvre</p>
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		<title>Sarkozy, Hollande&#8230; le glorieux temps du mécontentement</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Feb 2012 05:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>pierrejcallard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre JC Allard]]></category>

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<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-15838" title="désobéissance-civile non" src="http://les7duquebec.files.wordpress.com/2012/02/dc3a9sobc3a9issance-civile-non1.jpg?w=450&#038;h=321" alt="" width="450" height="321" /><br />
&nbsp;</p>
<p>Avec un petit clin d&#8217;oeil à Shakespeare et Steinbeck, je vous annonce la fin du monde.  Pas celle qu’auraient prévue les Mayas, celle que n’importe qui peut prévoir, comme on peut prévoir qu’un corps en chute libre va tomber.  La fin du monde dans le sens franchouillard d’une rupture avec cette vieille paire de pantoufles faite sur mesure pour le Grand Charles qu’a été la Ve République&#8230; et avec la démocratie qu&#8217;on nous a inventée.</p>
<p>C’est que je ne peux m’imaginer un lendemain qui chante à cette élection qui vient, quel que soit le vainqueur.  On peut s’attendre, quoi qu’il arrive, à 70% de mécontents.  Mécontents du résultat, mécontents du systeme lui-même.  Dégoutés des partis, dégoutés des politiques. Ras le bol  des  mensonges, des magouilles… et de la démocratie bidon qui repose sur le contrôle des médias et une corruption omniprésente pour arrondir les angles.</p>
<p>Il y aurait eu une option : une candidature unique, rassembleuse de centre droit.  Mais le Systeme ne voulait ni Villepin, ni Bayrou, encore moins Asselineau… Le Systeme veut l’immobilisme des machines PS ou UMP, celles qui changeront quelques copains, mais ne toucheront surtout pas au copinage.</p>
<p>La France  d’« en-haut »  a fait la pari qu’on pourrait faire un autre tour de piste avant que la musique n’arrête et, jusqu’à maintenant, il semble qu’elle ait eu raison.  La France d’en-bas ronchonne discrètement, mais ne bouge pas. Elle semble résignée à ce qu’il n&#8217;y ait pas de solutions aux problèmes, à ce que les inégalités augmentent et à ce que notre société meure faute d’une bonne raison de vivre.</p>
<p>Résignée… mais les sociétés ont parfois des sursauts.  Le mécontentement du lendemain d&#8217;un certain jour de mai prochain pourrait être salutaire. On pourrait comprendre d&#8217;un seul coup que notre société est à mourir empoisonnées de sa démocratie… et qu’il faudrait lui en donner une autre.  Je parlais déjà l’an dernier d’une crise politique, <a href="http://nouvellesociete.wordpress.com/2011/02/07/la-crise-de-la-politique…-en-1-000-mots/">dans un texte dont je reprends ici certains points, mais qu’il serait bon de lire.</a></p>
<p>Pas une crise politique dans le sens d’un choix entre un homme ou un autre, entre un programme de gauche et un programme de droite, mais une crise de la politique elle-même. Une remise en question, non pas tant des hommes et des procédures pour déterminer qui exerce le pouvoir – même s&#8217;ils ont leur importance – que de la façon dont la gouvernance se définit, de ses limites et de ses modalités d’exercice.</p>
<p>En apparence, il semble y avoir un consensus pour la démocratie. Qui vous a dit du bien, récemment, du fascisme, du stalinisme, du despotisme éclairé, de la monarchie absolue ou que quelque forme de gouvernance autre que la démocratie ? La DÉMOCRATIE occupe seule tout l’espace correct du débat politique. Tout le monde ou presque est convaincu des mérites de la démocratie. On est pour la démocratie ou l’on est un monstre.</p>
<p>Il y a un consensus en faveur de la démocratie. Évidemment, le consensus s’arrête là. Parce que, lorsqu’on a dit ” démocratie ” et qu’on a applaudi, le consensus se brise. Il éclate dès qu’on tente de répondre à quelques questions pourtant simples, mais bien embêtantes, comme ” Qu’est-ce que la démocratie ? “, ” Quel type de démocratie ? ” ,” Quelles sont les conditions minimales pour qu’on soit bien dans un régime démocratique ? ” etc. etc…</p>
<p>Ces questions agacent, parce qu’elles nous confrontent à cette réalité choquante que si l’idéal démocratique comme concept règne sans rival sur les coeurs et les esprits, celle-ci ne règne en fait nulle part ailleurs. La démocratie est un projet de société qui reste à bâtir.</p>
<p>Peut-on parler de démocratie, quand certaines options de gouvernance disposent, pour se faire connaître et vanter leurs mérites, de moyens financiers qui sont 100 fois ceux de leurs concurrents et que l’accès de ceux-ci aux médias est, avec les premiers, dans le rapport du zéro à l’infini ?  Même les conditions matérielles pour un choix démocratique n’existent pas. Triste&#8230; et  ce n’est que le moindre des problèmes de la démocratie…</p>
<p>Supposons une information parfaite, accessible à tous. Peut-on honnêtement prétendre que tous les citoyens ont le bagage de connaissances générales, la culture et l’éducation pour accueillir cette information et la comprendre ? Supposons même que si.  Avons tous une même aptitude fondamentale à penser droit ?  </p>
<p>A connaissances et information égales en arriverions tous à nous former une opinion éclairée et judicieuse ? Faisons un acte de foi et supposons-le aussi. Il n’en reste pas moins qu’une société qui peut fonctionner doit être, par définition, un ensemble de compétences complémentaires.</p>
<p>L’opinion de chacun sur chacune des questions spécifiques auxquelles gouverner exige une réponse a-t-elle la même probabilité de conduire à la décision la plus efficace ? Serait-il raisonnable que mon avocat opine sur le traitement de mon ulcère et mon médecin sur la conduite de mes affaires ?</p>
<p>La volonté populaire nous dira-t-elle avec sagacité, si on doit encourager l’épargne ou la consommation, si la conjoncture internationale et le rapport des forces suggèrent des investissements militaires, si on doit &#8211; et si on peut &#8211; favoriser un nivellement des revenus, si nous avons les ressources pour un système de santé gratuit et universel, etc. ?</p>
<p>La réalité, c’est que, dans une société complexe, considérant tous les facteurs, il n’y a qu’une seule &#8220;meilleure solution&#8221; et que ce n’est pas Quidam Lambda, mais des experts qui la connaissent. On peut s’en remettre à la volonté du peuple pour nous dire ce qu’il juge « la meilleure », mais on connaît ses critères. Les réactions du peuple sont prévisibles.</p>
<p>La politique globale qui résulterait de la volonté populaire ne constituerait pas un ensemble cohérent, mais serait au contraire un tissu dense de contradictions. La volonté démocratique de la population serait d’augmenter les services et de diminuer les taxes et impôts tout en remboursant la dette, misant sur un gain d’efficacité qui irait de paire avec une réduction non seulement des effectifs, mais de la charge de travail de chacun…! La quadrature du cercle.</p>
<p>Le peuple veut l&#8217;impossible. Le rôle du politicien en démocratie est donc d’abord de faire croire à l’impossible, puis de s’excuser de ne pas l’avoir livré en promettant que désormais il le fera&#8230;  Mentir n’est cependant pas suffisant. Pour qu’un État fonctionne, il faut qu’aux choix démocratiques des quidams soient substituées des décisions prises par des experts. Des décisions cohérentes. Efficaces. Le fonctionnariat est là pour ça. Il est choisi, nommé, pas élu.</p>
<p>Quand on dit démocratie, en faisant tout pour exclure toute participation du peuple à la prise de décision, il faut donc comprendre que ce n’est pas SEULEMENT une arnaque pour déplacer le maximum de richesses vers ceux qui ont déjà la richesse et le pouvoir. C’est AUSSI un geste de mansuétude, pour cacher aux enfants chéris du bon Dieu que, non seulement la démocratie n’existe pas, mais que, dans le sens racoleur qu’on a donné au terme “démocratie”, celle-ci est rigoureusement impossible.</p>
<p><strong>La crise actuelle de la politique, c’est qu’une part grandissante de la population prend conscience de cette impossibilité.</strong></p>
<p>La solution ? Il faut accepter que l’individu ne peut pas définir des politiques : il ne peut que choisir celle qu’il veut,                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   entre des options cohérentes qu’on lui présente. <strong>La démocratie efficace est donc celle d’un droit de veto.</strong>  Pas moins, pas plus.</p>
<p>Si la démocratie efficace ne peut être qu’une sequence de &#8220;oui&#8221; et de &#8220;non&#8221;, la démocratie vraie, c’est introduire dans la gestion de l’État BEAUCOUP de points de contrôle sectoriels permettant que les citoyens puissent dire démocratiquement ce qu’ils ne veulent pas et, dans le champ de leur compétence, exclure les moyens qu’ils considèrent inacceptables.</p>
<p>C’est cette VRAIE démocratie qu’il faudrait mettre en place. Ceux qui profitent de la situation actuelle ne veulent évidemment pas qu’on en change&#8230;  Ils préfèrent faire ce qu&#8217;ils veulent &#8230;en disant que c&#8217;est nous qui l&#8217;avons demandé.   Nous n&#8217;aurons donc une vraie démocratie que quand le people sera TRES mécontent.  Il le sera peut-être en mai.  <a href="http://nouvellesociete.wordpress.com/2007/10/13/le-grand-coup-de-2012/">Après, on verra&#8230;</a></p>
<p>Pierre JC Allard</p>
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