Survivre au déluge

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  • Tout deuxpattes est un ennemi.
  • Tout quatrepattes ou tout volatile est un ami.
  • Nul animal ne portera de vêtements.
  • Nul animal ne dormira dans un lit.
  • Nul animal ne boira d’alcool.
  • Nul animal ne tuera un autre animal.
  • Tous les animaux sont égaux.

George Orwell La ferme des animaux

Vous déjeunez  à la peur. Vous n’ouvrez plus vos fenêtre pour entendre les oiseaux chanter : vous ouvrez la radio, la télé, et là commence le cauchemar de la journée. Pas de mammouth, pas de lions, pas de dinosaures. Mais trois ou quatre mauvaises nouvelles qui s’additionnent aux mauvaises nouvelles d’hier. De sorte, qu’au bout de la journée, vous êtes crispés comme un biscuit soda dans son emballage de plastique.

De sorte qu’au bout de quelques années vous êtes à bout sans le savoir. De sorte que vous courez chez le médecin pour vous soulager succinctement.

On ne vous remonte pas pour votre bonheur, on vous requinque pour le boulot.

Être malade est une désobéissance civile… qui coûte cher.

Goebbels était astucieux comme chef de propagande. Mais sa progéniture est plutôt alarmante.  Affinée et alliée à une nouvelle image : la réussite «pour vous».

À se demander, toutefois, si les intentions sont aussi «chastes» que  le blanc des pubs de papier-cul.

L’industrie de la catastrophe

C’est bien l’industrie qui marche le mieux dans notre monde actuel : on ne fabrique pas les catastrophes,  mais on  cultive celles qui passent par la  méthode hydroponique. Il n’y a plus rien de solide dans une culture d’égos,  d’ambitions, de rêves démesurés. Une île, un palmier.  Un égo, un insulaire.

On est passé du 15 minutes de gloire à la Warhol pour du  15 secondes. On s’acclimate à tout…

La recette des états qui divisent un à un. Le roi a organisé son royaume de façon à ce qu’il n’y ait plus de véritable rassemblement, voire de peuple «réel». Car la culture de l’égo fait en sorte que le «chacun pour soi», la réussite individuelle a pris toute la place.

VOUS POUVEZ ÊTRE QUELQU’UN. Même si vous vous acclamez athée, vous croyez au moins au petit dieu que vous êtes. C’est un slogan subversif bien dissimulé.

L’être humain est devenu une bête qui cherche désespérément une arche : il n’y  plus rien de solide. On dirait qu’on n’a pas eu le temps de construire l’arche. Alors tout l monde s’arrache les morceaux d’épaves qui flottent.

L’industrie de l’égo et du Hop-Go

De temps en temps, c’est moi qui fais le marché. Je cherchais un biscuit : le Hop-Go. J’ai dû demander à un commis qui m’a dirigé vers un présentoir. J’ai fait la remarque à celui-ci de cette folie de changer les formes d’un même produit, ou d’ajouter des éphémères, car ils essaient des produis et au bout de six mois, c’est un autre qui prend la place. On cultive de la couleur-présentation.

Je me suis senti citoyen-biscuit : couleur-présentation. On se dit vert, mais on jette les travailleurs qui ne performent pas, comme les biscuits…

À se demander si le produit de consommation n’est pas ce nous?

Une sorte de psycho néolibéralisme : un moi qui sert un nous flou.  Car le moule des sociétés est de plus en plus mouvant, de moins en moins  fixe.

Si vous prenez rendez vous avec la «sécurité», vous avez de grandes chances de le rater.

C’est ce que vous craignez le plus : la peur de l’eau. Car, en fait, la culture hydroponique des États vous divise au point de ne plus voir la source, la rivière, l’océan. Elle façonne des  anxiétés : vous redoutez  de perdre  votre unicité. Vous craignez d’être simplet. Très commun. Même s’il n’existe pas, humainement, d’être commun, on en a tout simplement créé un modèle de looser : un pauvre dans un pays riche est un looser.

Et la réussite de ce slogan passe par un salaire qui vous permet l’achat d’un lopin de terre, d’une imitation de château et de toute la kyrielle de produits griffés, en passant par cet art de bouffer de la sautelle grillée avec un vin de  couleur appropriée.

Ce sont vos armoiries.

L’industrie de la contrefaçon

L’art est une façon de s’adresser à l’émotion, aux sens, à l’intellect.( Art) .   Le  génie de Yehudi _Menuhin est remarquable. Virtuose du violon  et grand humaniste… C’est l’art du beau… L’art du bon. L’art d’être… Une philosophie liée à l’existence, à une profondeur que l’on frôle car elle existe au-delà de nos sens bruts.

Ce qui n’est pas le cas des pasticheurs qui calquent les finesses des artisans de l’art aux fins de  des desseins quasi criminels.

Alors, pour vous embarquer dans l’arche des noyés, on a dégrossi la brutalité des États totalitaires. On vous l’a savonné jusqu’au lisse, jusqu’au parfumé : tout glisse, tout baigne… Du moins dans les apparences. Car en réalité on a tout simplement sablé et poli la vieille méthode   du sucre brun au sucre blanc…

On ne brûle plus les orteils, on ne vous casse plus le bras… On utilise une méthode de d’intimidation par un  procédé infantile :   pas de sel, pas de sucre.

«Si vous ne vous faites pas vacciner, vous serez privés de salaire». L’État s’adressant aux infirmières.

« Vous serez responsables de la maladie, voire de la mort de vos proches».

Dans un contexte «social», on nomme cela de la violence psychologique. Dans un contexte étatique on nomme cela «bienfait de collectivité».

Diviser pour la collectivité! On n’a pas fait mieux depuis le bouton à quatre trous… On se croirait dans le roman d’Orwell La ferme des animaux tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres.

L’industrie de la peur

La peur a un effet très fort sur les foules et ainsi est utilisée afin de contrôler les foules et les peuples. Dans les systèmes totalitaires ou dans l’esclavage traditionnel, l’objet de la peur est clairement identifié, il s’agit d’une menace de punition ou de mort en cas de désobéissance. Dans les systèmes dits démocratiques où une telle menace n’est pas explicite, il importe plus de contrôler ce que pensent les gens, en déformant les informations des médias et avec des menaces plus abstraites ou même virtuelles. La peur, Wiki.

La peur est une propagande qui mène à un état de tension qui finit par ne pas correspondre à l’image partagée d’une société riche. J’ai bien dit image, ce qui ne signifie pas réalité. La peur du magicien. Il ne scie pas que les femmes en deux, mais la société…

Vous êtes le chapeau haut de forme… Et le lapin qui y est enfermé. Car en vous offrant la possibilité d’un «quelqu’un» on veut en même temps vous le noyer dans un «nous» d’un groupe de nous qui sont trop égaux.

L’industrie de la «perfection»

Dans un monde qui a peur de la malbouffe, mais qui ne se soucie guère des milliers d’enfants qui meurent de faim dans le monde, vous êtes le repus, et on vous le rappelle à chaque instant.

L’industrie de la perfection passe par celui de la culpabilité. Dans un monde où la richesse apparente est abondante, on vous refile la facture des échecs.

Le réflexe à l’échec est d’en faire plus…

Il n’y a pas que la goebbelisation , il y a également l’industrie de la fabrication des «poupées» Goebbels ( Le GI Joe à cravate) : à force de vivre dans ce cocon, la chenille veut en faire plus, «s’en sortir», voler, pour avertir sa progéniture.

C’est le nouveau péché originel des sociétés.

Vous êtes nés looser mais vous pouvez vous rattraper.

En plus vous polluez! Vite, un cours de pollution dans  les écoles. Mais c’est le grand silence du côté des hyper-pollueurs : vous recyclez vos verres de Tim Horton’s pendant qu’en France on roule à 58 usines nucléaires.

L’american dream n’est pas seulement de vivre dans une société riche, c’est d’enrichir la société riche par la puissance de votre égo bien dompté : le lion est dans une cage, même dans  un cirque.

Pour vous «laver» de ce péché, vous vous mettez au travail au point de manger debout.  Le progrès à des voies impénétrables… On vient de vous priver de l’invention de la table… Créée en 1694…

Vous entrez alors dans une ère de schizophrénie toute nouvelle : à force de nourrir votre unicité et cet océan de société, vous vous rendez malade en vous vidant de votre énergie et nager dans une eau de dettes qui monte toujours.

Dette d’argent, dette d’énergie, dette d’incompréhension.

Car la propagande est une entreprise volontairement embrumée.

Vous n’y comprenez rien, mais vous essayez de flotter.

L’industrie   des cultures

On vous a monté un bateau. Vous êtes tout content. On vous appelle sur votre cellulaire. Mais la file est longue…  Vous êtes le «choisi» ou la «choisie». En fait vous êtes les choisis… Encore plus ravis…  La vie est une sorte de Star Académie pour ceux qui chantent «vrai» dans un monde faux.

L’Humanité a toujours eu des sauveteurs qui créent les déluges mais vous vendent les bateaux.  Et la peur vous place en file d’attente. Il pleut, l’eau monte, vous ne savez pas nager.

L’Histoire de l’humanité fourmille de d’élus qui ont souvent créés les déluges. Maintenant on en crée d’avantage pour l’industrie de la peur et la vente de bateaux sous toutes les formes possibles : argent, gloire, sécurité, etc.

Nous vivons de plus en plus dans un monde qui souffre de la maladie de Parkinson : tremblements de chair, tremblements d’âmes, frissons, courbatures….  Dans une sorte de mal de mer constant. Tout nous glisse en dessous des pieds. Tout prend l’eau.

Épilogue

C’est un peu compliqué toute cette histoire. Je voudrais bien la simplifier en disant,  qu’au fond,  se fier à Noé pour nous sauver est une vieille histoire. Mais on la gaufrée un peu en donnant à chacun l’illusion qu’il peut être un Noé. Finalement, plus personne ne distingue les sauveurs des animaux. Et que finalement, si on embarque les animaux par couples, c’est tout simplement pour perpétuer le déluge.

Et les humains félicitent les cochons pour leur réussite : les bêtes de la Ferme des Animaux arrivent à produire plus de travail que les leurs, sans rechigner, avec pourtant des rations alimentaires des plus réduites. Et quand la jument Douce demande à l’âne Benjamin de lui lire les commandements inscrits sur le mur, il lui dit qu’il n’en reste plus qu’un seul :

Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres. La ferme des animaux, Wiki

Et pour briser ce vieux récit, il vaut peut-être mieux apprendre à nager que d’attendre les Arches qui poussent partout.

Comme apprendre à penser un peu au lieu de se laisser penser un peu.

L’être humain étant constitué d’au moins 70% d’eau, il n’est pas étonnant qu’il ait peur de l’eau.

18 Commentaires

Classé dans Actualité, Gaëtan Pelletier

18 réponses à Survivre au déluge

  1. Fern

    L’idéal pour remédier à tout celà serait de se retirer dans un endroit isolé que je connais en Abitibi.
    Construire un refuge alimenté par l’énergie solaire et éolienne et y cultiver sa nourriture en se servant de chevaux et quelques animaux domestiques.
    Pas de TV et de radio ni d’ordi.

  2. alainconscient

    Bel élan d’inspiration pour cet article, bravo!

    Je crois qu’il y a tout de même de plus en plus de gens qui arrivent à survivre et à s’extirper de la pression du conditionnement de toutes ces industries débilitantes. J’en fais parti et je vous lis car je quittes de plus le bateau des médias, celui qui véhicule la propagande de la peur à coup de masse.

    Les bœufs sont lents, mais la terre est patiente…

  3. alainconscient

    Bonne idée Fern, je pense la même chose. Sauf que je garderais tout de même l’ordi et internet. Là ou je peux vous communiquer et choisir l’info qui me parle.

  4. Fern

    alainconscient

    Ouais, c’est à y penser ………………………………………….

  5. Il ya tant de conditionnement, par nos parents, par l’éducation, par la société, la relation aux autres, la pub, le gouvernement, les religions, les tabous du moment, nos propres limites , l’oignon est long à peler avant d’en arriver au centre, à soi même, libre de toute habitude et de tout dogme , quasi une psychothérapie en solo à faire …

    Ma perception est que le chemin qui méne à ce déconditionnement est d’ailleurs plus valable que le but lui même… un des 1ers effets pour moi a été de mettre un pied en arriere sur l’action/réaction, et arrêter ainsi de n’être qu’une émotion sur laquelle différents pouvoirs viennent jouer leur tune … un autre effet a été tout simplement de faire ce que j’avais toujours dit que je ferai, foutre le camp dans le bois… pas de regrets après 15 ans …

  6. Rémi

    @ Fern et Marc: c’est drôle, j’avais un peu la même idée: sacrer mon camp dans le bois et être le plus indépendant possible. J’y pense de plus en plus parce que je suis écoeuré du mode de vie urbain.

  7. Bon! Moi aussi…
    C’était mon grand projet avant de me marier… On riait de moi à l’époque.
    On est devenu une «communauté mondiale», avec un gouvernement mondial, et tout ce qui va avec. C’est à dire plus de vrai gouvernement et une communauté qui va chez le diable.
    En passant, Walmart se met à vendre des cercueils pas cher… 999$ US. Sais pas dans quel pays ils sont fabriqués, mais ça fait de la pollution pour faire voyager ces «coffrets» à dernier voyage.
    Pourquoi? Y a plus de bois au Québec?
    Mais Dieu a tout prévu: les politiciens sont biodégradables.
    C’est bien la seule chose à laquelle ils servent maintenant: du compost.
    Bonne journée!

  8. PYL

    Et bien,

    Vous êtes chanceux d’avoir des métiers qui vous permettent tant de liberté. Ce n’est pas le cas pour moi et ma famille.

    Je vous envie!

  9. Dominique

    Je vous envie aussi Marc et Fern…

    Vivre dans le bois… le rêve!!!

  10. Quel beau texte, Gaëtan. C’est inspirant.

    Cette semaine, j’ai nommé mon émissionProblème, réaction, solution: La saison des crises“.

    On nous gère à grand coup de peur et d’effroi, de violence psychologique à la sauce “psyops”. La BBC avait produit une superbe série à ce sujet, que je conseille fortement à tous de visionner si ce n’est déjà fait. En anglais par contre…

    The Power of Nightmares

    Part I – Part II – Part III

    In the past our politicians offered us dreams of a better world. Now they promise to protect us from nightmares.

    The most frightening of these is the threat of an international terror network. But just as the dreams were not true, neither are these nightmares.

    On nous manipule avec du chantage sentimental en nous disant de se faire vacciner pour protéger ceux qu’on aime, etc etc.

    Dégoutant.

    Continuez votre excellent travail!

  11. Bonjour François,
    La phrase est un beau raccourci du monde qu’on nous offre. On crée le danger mais on vous vend des armures.
    J’exagère peut-être, mais pas tellement.

    «In the past our politicians offered us dreams of a better world. Now they promise to protect us from nightmares.» Au moins, il y a la suivante…
    ____
    Ce qui m’a le plus frappé, cette semaine, c’est de voir un groupe de médecins nous dire de protéger nos proches… au moins.
    C’est ridicule.
    Et le pire du pire est que j’ai reçu des questionnements sur mon site dans le même sens: «Ma mère a été opéré pour des problèmes cardiaques, son système immunitaire est à 0, je ne veux pas me faire vacciner, mais si je ne le fais pas, elle va mourir».
    Peut-on faire plus peur à quelqu’un? En passant par les sentiments…

  12. François,
    Le lien ne fonctionne pas. The Power of Nightmares

  13. Aimé Laliberté

    Bonjour à tous,

    Voici un article à lire attentivement.

    Le Owen Sound Free Press (ontario) demande au personnel militaire et aux policiers de prêter serment de protéger le Peuple contre la tyrannie.

    http://owensoundfreepress.com/?p=907

  14. Aimé,
    Le 4 novembre un vote libre à Ottawa sur le registre d’armes à feu.

  15. Aimé Laliberté

    Gaetan,

    Je ne sais pas si c’est un véritable vote libre, car j’ai lu que tous les candidats du Bloc vont voter contre l’abolition du registre. Donc, je crois que Duceppe leur impose la ligne de parti. J’ai de la misère à croire que Harper veut vraiment abolir le registre. Ce pourrait être une autre mise en scène. Une chose est sûre, Duceppe ne travaille pas dans l’intérêt du Québécois moyen.. C’est un visage à deux (plusieurs) faces.

  16. Aimé,
    Voter contre? Il nous a coûté une fortune… Et dans la pratique? Ça sert à quoi?
    De l’hypocrisie…

  17. Aimé Laliberté

    Gaetan…

    Ah oui, Duceppe fais des présentations avec le film sur la Polytechnique pour convaincre les gens du bien-fondé du registre.Il est le plus grand défenseur du registre des armes à feu. Auparavant, le gouvernement du Québec donnait des permis ”à vie” de possession de d’armes pour la chasse avant l’introduction du registre des armes à feu par le fédéral. Ça donne quoi d’avoir un permis ”À VIE” si le fédéral introduit une autre loi qui nie tes droits en vertu de la loi du Québec. En aucun temps, Duceppe fn’a ait un effort pour défendre la juridiction du Québec en matière de règlementation des armes à feu. Comment le fédéral peut-il avoir compétence si le Québec exerçait déjà cette compétence auparavant?

    Le registre des armes à feu a créé plus de 150 000 criminels ”sur papier”, soit tous les chasseurs qui n’ont pas enregistré leurs armes dans les délais requis par la loi (statut) ou renouvellé leur enregistrement.

    Voilà tout ce que fait le gouvernement, prendre ton argent via les taxes et impôts, et trouver de nouvelles façons de criminaliser les gens honnêtes.

    Gilles Duceppe a lepouvoir de faire adopter ce projet de loi, mais il milite contre son adoption, qui aurait pour effet de laisser le champ libre au Québec pour légiférer.

    Donc, il agit comme un fédéraliste, ce pseudo indépendantiste.

  18. Fern

    La loi des armes à feu a été un VRAI GASPILLE qui fait parti de tous les autres gaspilles du fédéral.
    Cette loi fut inventée par la politicaillerie afin que les libéraux redorent leur image au Québec.
    Duceppe continue le même stratagème pour concerver sa job.

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