Raymond Viger Dossier Gambling et jeu compulsif.
C’est avec une grande joie et une grande surprise que j’ai parcouru le reportage de Michelle Coudé-Lord dans le Journal de Montréal du 19 février.
René Angelil, un joueur pathologique
René Angelil avoue publiquement qu’il est un joueur compulsif, un gambler. René Angelil livre un excellent message de prévention au jeu compulsif. Depuis quelques temps, plusieurs vedettes soulignaient publiquement leur passion pour le jeu, notamment le poker. Le témoignage de René Angelil vient mettre les pendules à l’heure. Le jeu est facilement une maladie.
Les jeunes doivent savoir qu’à la télévision, tu vois juste les neuf joueurs qui restent autour de la table… Il y en a 1 000 autres qui partent perdants.
Le message est clair sur les risques et les conséquences du jeu. René Angelil a su se protéger contre lui-même. Parce qu’un joueur compulsif ne peut pas avoir accès à l’argent. Sur tous les chèques que René Angelil signe, il y a 2 signatures.
Le jeu pathologique et la famille
Il y a l’argent, mais il y a aussi la qualité de vie que nous nous donnons. René Angelil avoue que Céline Dion a dû exiger qu’il soit présent auprès d’elle et de leur enfant René-Charles. Le temps et l’argent, 2 choses que l’on peut perdre quand on est un gambler.
René Angelil lance une phrase sur le Casino de Montréal que je me dois de relever ici.
Le Casino de Montréal n’attire pas beaucoup de gros tournois et de grands joueurs; donc ce sont des gens du Québec qui vont se mettre dans la rue. Ça me fait mal au coeur de voir cela.
M. René Angelil, je veux vous remercier pour ce partage honnête de votre part. Vous ne pouvez même pas vous imaginer à quel point cela va aider beaucoup de joueurs compulsifs à se reconnaître et, je l’espère, faire les premiers pas vers un rétablissement. Parce qu’une grande personnalité comme vous est attrayante pour les jeunes. L’humilité et l’intégrité que vous avez su apporter à votre témoignage permettra de contrebalancer le côté “glamour” du poker et des vedettes qui ont commencées à en être publiquement adepte.
Le jeu pathologique et René-Charles?
Je me dois cependant de vous rendre la pareille M. Angelil et d’être aussi honnête que vous dans mon témoignage. J’ai été estomaqué quand j’ai lu que vous jouez au poker avec René-Charles. Même Loto-Québec, que je dénonce régulièrement, exige d’avoir 18 ans avant de gambler. Je sais que vous ne jouez pas avec de la vraie argent. Mais y a-t-il un risque que René-Charles en arrive à devenir lui-même un joueur compulsif?
Vous avez eu la chance d’avoir des proches pour vous aider et vous protéger contre vous-même. Est-ce que ce sera la même chose pour René-Charles s’il devient un joueur compulsif? Est-ce que René-Charles va accepter de se laisser aider?
Cela me fait peur, très peur pour René-Charles.
Des félicitations pour Michelle Coudé-Lord et le Journal de Montréal
Je veux aussi féliciter Michelle Coudé-Lord et le pupitreur pour ce reportage et d’avoir pensé à rajouter un encadré sur les ressources telles que Gamblers Anonymes pouvant aider et soutenir les joueurs compulsifs.
Textes sur le Gambling et jeu compulsif:
Témoignage d’un joueur compulsif
DVD prévention gambling et jeu compulsif
Le prix à payer pour devenir un gambler
La Sérénité pour un joueur compulsif
Éléonore Mainguy, ex-croupière du Casino
Did Tafari Bélizaire, casino, jeu compulsif et suicide
Touchants ces aveux de René… Il y a quelques années, il avait déclaré qu’il avait un budget de jeu, fixe, et qu”il ne touchait jamais à la part de Céline…
Ça semble s’être aggravé.
Pour le petit, il faudrait que René lui explique clairement les dangers du jeu, pas juste jouer au poker avec des jetons…
Je suis d’accord qu’une bonne discussion entre René Angelil et son garçon René-Charles est importante. Parce que René Angelil est public et que ses coups d’éclats sont médiatisés, il se doit de faire la part des choses avec René-Charles.
Ouais, ça fait 15 ans que ça dure le bordel du jeu, des casinos, des machines à sous, du poker etc…
Depuis que l’État a pris le contrôle du jeu au Québec, il y a 10 fois plus de joueurs pathologiques, et pendant 15 ans, Loto Trou de Q a menti à tour de bras en fniançant des études bidons avec un faux pseudo scientifique à la con de l’Université Laval, le tout, payé avec vos taxes.
Merci État, t’es un esti de crosseur!
Paix!
Bonjour M. Laliberté.
Vous parlez très certainement de Robert Ladouceur qui, non seulement a été financé à gros montant par Loto-Québec, mais a aussi réussi à faire imposer sa “méthode” d’intervention aux centre de thérapie. Si un centre n’adoptait pas la “méthode Ladouceur”, le centre n’était pas subvention par la Santé Publique!
Loto-Québec avait réussi par la bande à contrôler la Santé!!! Y a effectivement de quoi sacrer.
Salut Raymond,
Un faux scientifique qui se rend complice d’une fraude.
Je m’interroge d’ailleurs sur le ”timing” de ce reportage, la raison étant qu’à Terre-Neuve, la succession de Susan Piercey vient d’intenter une demande de recours collectif contre la Sociétés des Loteries de l’Atlantique, alléguant que les loteries vidéos sont contraires au Code criminel.
L’action de la famille Piercey est publiée ici :
http://www.chescrosbie.com/library/Dymond_decision.pdf
Dans le recours collectif intentée au Québec, on plaide que les joueurs sont devenus compulsifs en jouant à la loterie-vidéo et que Loto-Québec est responsable, ne les ayant pas suffisamment mis en garde.
Ils réclament approximativement 5 000 $ chacun pour un traitement de désintoxication (à la méthode Ladouceur probablement). Je ne trouve pas les avocats en demande très forts, pour ne pas dire plus. Québec est une petite ville (oups!)
Ce reportage renforce l’idée que ce sont les joueurs qui sont malades, alors que dans l’action intentée par la famille Piercey, la conduite de la société des loteries viole le Code criminel et divers droits garantis par la Charte canadienne, dont le droit à la vie et à l’intégrité de la personne.
Enfin, bonne chance à René. Je ne doute pas qu’il ait souffert de ce que l’on appelle le ”jeu”.
Paix!
Tous les recours collectifs ont une grande importance pour créer, d’une part une jurisprudence, d’autre part, pour mieux encadrer les gestionnaires du jeu. S’ils sont reconnus coupables, il sera plus difficile à Loto-Québec de jouer à l’autruche. La cause au Nouveau-Brunswick va aussi donner des armes contre Loto-Québec.
Je demeure attristé de voir que nous ayons à se battre contre une société d’État qui devrait nous aider et soutenir la société qu’elle représente.
Ouais ! J’ai tout lu, sauf l’article dans le Journal de Montréal, que je ne lis plus, parce que les employés sont en grève.
Mais c’est une bonne chose qu’Angélil se soit ouvert là-dessus. Récemment, un joueur compulsif que je connais, a perdu des dizaines de milliers de dollars au casino, et est même allé jusqu’à jouer son chèque de B.S. qui devait servir à payer son loyer.
Et même s’il vit dans des centres d’hébergement pour personnes itinérantes depuis cinq ans, il a toujours refuser d’arrêter de jouer, prétexant entre autres, qu’il voulait devenir un joueur professionnel comme René Angélil.
Cela vient de lui enlever un argument, mais il va en trouver d’autres. Il a pour son dire, qu’un jour, il va être riche. La réalité, c’est que le vide se fait autour de lui. Comme on dit, «yé tout l’temps dans marde !»
Bonjour M. Labonté.
Étant un intervenant de crise auprès de personnes suicidaires, j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de joueurs compulsifs qui, ayant tout perdu, ne voyait que le suicide comme finalité à leur jeu.
C’est une triste réalité que le joueur va s’isoler, perdre contact avec ses amis, ses centres d’intérêt. Sa vie se limite au jeu. Non seulement un joueur est “tout l’temps dans marde”, mais il est de plus en plus seul dans sa marde.
Je viens d’aller sur votre blogue. J’ai lu le témoignange poignant d’un joueur compulsif. Quoi dire d’autre ?
Pour une poignée de dollars, il a joué sa vie.
Pour quelques dollars de plus, il a failli tout perdre.
Entre le bon, la brute et le truand, il a choisi le bon…
Et cela ne se passe pas seulement dans l’ouest…
Pour être clair, j’ai écris ”renforce l’idée que les joueurs sont malades”, alors qu’en fait ils le sont, pas de doute là-dessus.
Ce que je voulais dire c’est que même si le joueur est devenu malade, il ne faut pas ignorer la cause de cette maladie. En mettant l’accent sur la maladie plutôt que sur le fonctionnement même des appareils de loterie vidéo, on suppose que le joueur en est arrivé là par sa propre faute ou faiblesse. Encore une fois, ce n’est pas totalement faux, mais on ignore ainsi le problème de la disponibilité même des appareils et de leur mode de fonctionnement.
Paix!
Bonjour M. Labonté.
Pourquoi dites-vous que ça s’est passé dans l’Ouest? Le joueur était de Montréal et Reflet de Société pour qui j’ai le reportage était aussi de Montréal et il a perdu tout son argent au Casino de Montréal.
@ Raymond Viger
Ben là ! Je pensais que vous aviez compris mon allusion au film de Sergio Leone.
J’ai pourtant écrit :«Et cela ne se pas SEULEMENT dans l’ouest…»
Et vous êtes intervenant auprès de personnes suicidaires…
Ma foi ! Me semble que le minimum que cela prend, c’est de la comphréension, or vous n’avez pas même lu comme il faut mon message ET VOUS ME CRITIQUEZ.
Vous ne m’inspirez pas confiance du tout !
Bonjour M. Labonté.
Merci de m’expliquer votre allusion au film de Sergio Leone. Loin de moi l’idée de vous critiquer. Je n’ai que questionné pour mieux vous comprendre.
Il faut savoir que j’ai publié plusieurs billets sur Vancouver et les francophones dans l’Ouest du pays. Possiblement pour cela que j’ai pensé que vous parliez de l’Ouest du Canada.
Salut! Bien je pense qu`on s`en doutait. Quand tu a connu le jeu , juste un peu, t`es fait. René-Charles sera joueur. C`est très, très ,très difficile de débarquer de cela. Mon père a une maladie dont il ne souffre pas dit son fils. Quand il n`avait pas de fric et que son cousin lui prêtait de l`argent pour jouer, chus vraiment pas sûre qu`en dedans de lui-même, ça ne brassait pas. Là, il a l`argent. C`est moins souffrant. C`est terrible l`amour du jeu, les casinos……Quand les casinos n`existaient pas au Quebec, on n`y pensait pas. Les gens s`amusaient autrement. Merci
Être un joueur compulsif quand tu as un budget pour assouvir ta passion du jeu sans te mettre à la rue, tu ne vis pas les conséquences du jeu. Quand les revenus baissent et que la maladie du jeu est encore là, les problèmes commencent.
Le jeu compulsif est une maladie des émotions. Lorsque René-Charles aura de durs moments émotionnels, décès d’un proche, rupture amoureuse… Le réflexe du joueur est d’étouffer ses émotions avec le jeu. Et plus on a d’émotions, plus on joue.
La seule façon de permettre à René-Charles de ne pas être un joueur compulsif est de l’aider à exprimer ses émotions.
@ Raymond Viger
Merci d’avoir rectifier le tir, vous m’aviez donné une drôle d’impression.
Je pourrais parler longtemps du jeu. Et à ce que je vois, les gens ont une drôle de perception de cette maladie, tout comme l’alcoolisme et la toxicomanie. Mais que René Angélil en ait parlé publiquement va beaucoup aidé la cause.
Cependant, concernant Gamblers Anonymes, il y a un hic, c’est la spiritualité. En ce moment, une campagne fait rage. Une association d’humanistes (!) a fait afficher sur des autobus une pub qui défend l’athéisme.
Une des réticences des gens qui souffrent et qui veulent se joindre à ces groupes d’entraide, est justement le fait qu’on y parle d’une Puissance supérieure, Dieu tel que nous le concevons.
C’est pourtant un mouvement qui a fait ses preuves.
Bonjour M. Labonté.
Les fraternités tels que Gamblers Anonymes parlent effectivement d’un Puissance Supérieure, mais ils ne parlent pas de Dieu. C’est une puissance supérieure, tel que nous la définissons. C’est la partie du rétablissement qui nous amène à dire qu’il faut lâcher-prise, faire confiance à la vie et y aller une journée à la fois. C’est la façon de dire que nous sommes impuissants sur les résultats.
En ce qui concerne l’association humaniste, nous avons publié un billet sur le sujet. Nous avons reçu quelques commentaires qui alimentent le débat: http://raymondviger.wordpress.com/2009/02/28/lahq-et-les-athes-du-qubec/
@ Raymond Viger
Je vous ai écrit que René Angélil allait aider la cause en racontant son histoire. Hum…
En plus de faire une faute d’ortographe, qui est un signe pour moi, j’ai entendu hier à la radio, l’auteur de sa biographie qui disait que Angélil n’aurait aucune objection à ce que René-Charles soit gambler, si tel est son désir. Il a même précisé que son fils Jean-Pierre vivait presque de jeu.
Pire, lorsque René apprend qu’il a le cancer, mais 70% des chances de rémission, il s’est dit qu’au poker à 70% de chances, il y va, alors il a cru qu’il allait vaincre son cancer.
Son père lui a appris à jouer au poker et il ne se considère pas comme malade mais chanceux. Il considère qu’il n’a fait que ça jouer, qu’à chaque fois qu’il perdait quelque chose, il gagnait autre chose par la suite, comme au jeu.
Non, je regrette, mais je ne crois pas qu’il aide la cause des joueurs compulsifs. Au contraire, c’est incitatif, parce que cela entretient le rêve.
Bonjour M. Labonté.
La raison qui me pousse à soutenir encore l’idée que René Angelil va aider la prévention du jeu compulsif c’est que, malgré qu’il soit malade du jeu, il a eu l’honnêteté et l’humilité de le dire et de se présenter sous son vrai jour.
Même si dans ce qu’il dit, on voit tous les symptômes du jeu et qu’il ne l’avoue pas aussi fort que la réalité semble le tenailler, pour le grand public, l’illusion que le jeu est facile et que tout le monde peut en vivre n’est pas entretenu.
Quand on voit un homme d’affaire tel que René Angelil être obligé d’avoir un co-signataire sur son carnet de chèque, c’est qu’il ne se fait pas confiance sur sa capacité à gérer son jeu s’il ne se met pas des balises et des contraintes très fortes. Le signal lancé à la population est clair sur ce point. Aucun autre joueur ne peut maintenant dire que le jeu “y a rien là”. Si tu veux devenir un joueur professionnel et que René Angelil est ton exemple, parfait, laisse-moi être signataire de ton compte de banque et on s’en reparle après.
@Raymond Viger
J’ai mon blogue et j’ai dit ce que j’en pensais sur mon blogue. Vous n’avez qu’à cliquer sur mon nom pour y accèder.
Maintenant, j’avais lu moi aussi qu’il est contraint par une double signature sur ses chèques, mais encore là, je ne crois pas que cela peut aider la cause des joueurs compulsifs.
Votre témoignage est beaucoup plus convaincant. Cet homme qui met un $2 dans une machine, tout bonnement avant de quitter le casino, et qui va vivre l’enfer, c’est un message fort.
Il faut enlever de l’idée aux gens que le jeu peut rapporter, c’est impossible. Sinon, Loto-Québec ne ferait pas de profit. D’ailleurs, dans votre témoignage, le gars mentionne qu’on a changé les règles , huit paquets de cartes au lieu de un.
C’est clair, quand cela devient trop facile pour le joueur de prévoir ce que les cartes vont donner. Et l’ami dont je vous ai présenté, avec qui j’ai coupé les ponts, ne fait que ça, se pratiquer sur son ordinateur dans le but de contrôler le hasard.
Pas moyen de lui rentrer dans la tête, qu’à huit paquets de cartes, c’est impossible de prévoir ce qui va sortir, il y croit dur comme fer.
J’ai pesé trop vite. Je fais tout le temps des fautes. Je dispose de peu de temps. Excusez-moi !
J’ai écrit «l’ami dont je vous ai présenté». Il aurait fallu lire l’ami dont je vous ai parlé.
Bonjour M. Labonté.
Je vous remercie d’avoir apprécié mon billet sur le témoignage d’un joueur compulsif: http://raymondviger.wordpress.com/2009/03/01/tmoignage-dun-joueur-compulsif/
Il est vrai que René Angelil ne nous parle pas avec le même repentir que le personnage de ce billet. René Angelil fait un bon travail de prévention bien malgré lui. René Angelil est une homme public très médiatisé et très en vue. Pour un intervenant, cela nous permet de confronter les rumeurs urbaines que créent l’illusion du jeu. Si un homme d’affaire comme René Angelil ne peut même pas gérer son argent par lui-même, c’est une preuve que le jeu est une maladie très grave. Les promesses que les gens que j’accompagnent vont pouvoir être facilement confrontées.